Réflexions d’un vieil
octogénaire, en marge
de
LA QUERELLE DES
DATES :
UN ÉCART DE DEUX
SIÈCLES de Lucmane
Vieux
Bientôt soixante ans. Je me souviens comme d’hier,
pourtant, de ce jeudi matin à Hinche. C’était le lendemain du PAKALA du
mercredi 10 mai 1950. La veille donc, l’arme de service du lieutenant
Perpignand collée sur sa tempe, dit-on, Dumarsais Estimé s’était plié au diktat
du colonel Paul Magloire, futur président et très illustre général de
division, Kanson Fè, de son nom-vanyan…
Dans
notre bled abandonné par les pouvoirs publics, le Certificat d’études
primaires, pour la grande majorité des enfants, marquait depuis toujours
la fin de l’école, dans l’impossibilité de parents disposant exclusivement des
maigres ressources tirées de terres quasi improductives, de leur payer
pension et études secondaires à Port-au-Prince ou au Cap-Haïtien.
Mais
les choses venaient de changer : Dumarsais Estimé avait retenu un
plaidoyer en faveur de l’enseignement secondaire pour cette Hinche aussi,
jusque-là ostracisée. Et le bébé de nos lycées nationaux, inauguré en octobre
1949, allait, à cette date, sur sa première année.
« Nous l’avons échappé belle. Encore un peu et
nous perdions la chance de notre vie ! » avaient répété nos jeunes lycéens
abasourdis par la nouvelle fracassante de la démission à la baïonnette de la
veille. N’écoutant que leurs cœurs, garçons et filles s’étaient donné le mot
pour, en ce matin du 11 mai, arborer à la boutonnière de
leurs chemises ou corsages un petit rectangle d’étoffe noire en signe de
deuil.
Dieu voulut que ce signe ne fût pas interprété comme une
protestation qui certainement leur aurait valu on pli danno, de kout
rigwaz, une pluie de coups
de fouet autrement dit et
aux professeurs une bastonnade en règle. Les lycéesLouverture et Des Jeunes Filles n’ont-ils pas été dans le temps
le théâtre de scènes aussi dégradantes que celles d’abrutis de La Police,
autant dire de l’armée, matraquant sauvagement, sans distinction d’âge ni de
***e, professeurs et élèves sans défense ?
Petit rectangle d’étoffe noire. Signe de deuil. Mais
au-delà, expression d’un profond sentiment de reconnaissance envers celui qui
reste et demeure, à mon avis, le plus grand bienfaiteur de chacun des
élèves en particulier de ces six générations et de Hinche en général.
Le
nom de feu Socrate Bosquet, premier élève de terminale au Lycée reçu au
Baccalauréat, incorporé dans la suite au personnel enseignant, figure en
tête de cette liste ouverte une dizaine d’années environ après l’inauguration
d’octobre 1949. Une liste qui continuera de s’allonger de tous ces médecins,
ingénieurs, enseignants, infirmières, techniciens, prêtres catholiques,
pasteurs protestants oeuvrant dans le pays et à l’étranger, pour ne citer
que Kyss Jn-Mary(à tout seigneur, tout honneur)André Joseph,
Frantz Bréa, Maud Aaron’s, Debussy Damier, Wilfrid
Sylvain, Claude Appolon, Hébert Malary, André Sully,
Max Bien-Aimé, Joseph Appolon, Dugué Jn-Louis, Massenet, Newton, et Max
L. Jean, Andrèle Robillard, Franck Pierre, Cromwell Pierre-Louis, Hedgire
Brizard, Musset Jn-Gilles, Pollux Jean, Ramino Olivier, Jonas Etienne, Wilner
Sylvain, Wilbert Lefort Marcelin Brun, Hélène et Léone Gauthier,
Marlène Appolon, Françoise Sylvestre, Émilie Damier, Ghislaine Marcellus,
Carmélite Désormes Anasthasie Robillard; de tous ces avocats dont Emanès
Martineau, R. Sylvain, B. A. Jean (juge à la Cour de
Cassation) et même d’un politicien… d’envergure nationale.
Hommage aux « pluies de la première saison »(Épître
de Jacques V, 7) prenmiyè
grenn lapli ki te fè mayi-a
leve : DUMARSAIS ESTIMÉ ! Deux champions de cette abondante moisson
s’affrontent aujourd’hui dans une polémique de haut niveau. L’initiateur du
débat et son contradicteur ont tous deux du mérite et leur démarche
d’intellectuels natifs du département du Centre n’a rien d’étonnant, quoi qu’on
en dise. Qu’y a-t-il de surprenant en effet à vouloir établir avec
exactitude la date de la fondation de Hinche ?
Dans les veines du docteur Kyss Jn-Mary, le Hinchois
des deux polémistes, coule le sang d’un combatif. Les plus de
soixante-cinq ans ont vu feu Escan Jn-Mary, secondé par le
bagarreur Hector Lapaix, comme lui, décédé aujourd’hui,
dénoncer et forcer à reculer cet administrateur cupide qui faisait
jeter purement et simplement dans la fosse commune le cadavre de
l’indigent mort à l’Hôpital Ste-Thérèse, pour empocher
l’argent de son cercueil… On sent revivre la combativité du père; et revient à
la mémoire La conférence
épiscopale : Un cri d’outre-tombe. Un
pamphlet d’une rare causticité alliant finesse et véhémence dans la
dénonciation de la complaisance complice d’un ‘’certain
oui…mais’’ contrastant avec l’énergique non
possumus de Pierre et
Jean au Sanhédrin (Actes : IV, 20). En novembre 2003, il en fallait
du courage en Haïti( si transparente était l’allusion ) pour oser
écrire : « Messeigneurs seraient-ils plus grands que le Maître
ou le Patriarche Samuel qui a dû finalement se débarrasser de Saül, élu du
peuple et oint par lui-même comme Roi d’Israel selon l’ordre de Dieu lui-même
? »
On ne peut douter que l’avancement des connaissances
d’abord ait motivé les protagonistes du débat, divisés par une date mais réunis
par une pensée commune, un sentiment nourri aux sources d’une piété toute
filiale, telle que peut l’inspirer la vénération envers une vieille mère,
HINCHE en l’occurrence, dont leur « querelle », selon le titre
de l’article de Lucmane Vieux, sonne l’éveil à l’indiscutable (j’ai mesuré la
portée de l’expression) vitalité
intellectuelle de notre
peuple. Une vitalité sous-tendue chez les deux chercheurs par la
détermination non équivoque de faire accéder la ville, tout naguère
Cendrillon, à la place qui lui revient.
Au premier abord, la date de la fondation de Hinche
certes est une question d’intérêt régional. Mais qu’on le veuille
ou non, le national transcende ici.
Quand
intervinrent les traités de Ryswick, d’Aranjuez et de Bâle, le premier en 1697,
confirmant la présence française à Hispanola, le second en 1777, réglant
les limites des possessions espagnole et française et le troisième, du 22
juillet 1795, par lequel l’Espagne céda à la France sa colonie de l’Est,
la limite séparant l’AUDIENCE ESPAGNOLE et la partie française de l’ïle passe
au-delà de St-Michel de l’Atalaye ( du nom du marquis de Atalaya)et
Hinche est située profondément à l’intérieur des terres dans la partie
orientale. Elle ne sera incorporée dans le territoire de la République d’Haïti
qu’en 1809, date à laquelle Christophe l’enlève à la partie espagnole dont
les Français restent maîtres jusqu’à ce qu’en 1814 ils la rétrocèdent à
l’Espagne. Son indépendance proclamée en 1821, la partie de l’Est s’unit
à la République d’Haïti. Union de courte durée puisqu’en 1844, les
Dominicains se séparent définitivement d’Haïti sans réclamer les régions
arrachées aux Français par Christophe.
Rattachée après coup à la République, Hinche aura tenu
à affirmer son acceptation de la nouvelle filiation ‘’adoptive’’ et sa
volonté d’accomplir, irréversiblement unie à elle, la destinée de
l’héritière de la patrie léguée par les Preux de 1804. C’est, à mon avis, la
signification des signatures de Massena, de Lorient Péralte au bas de l’acte de
protestation de la Commune de Hinche en 1871, contre toute annexion du
territoire national. Et encore mieux, du combat du fils et neveu qu’a
hanté le rêve de RESTAURER notre indépendance agressée en 1915 ; de celui qui a
tracé avec son sang les caractères du mot HINCHE à côté des noms
mémorables de BRÉDA, de CORMIER qui ont vu naître Toussaint Louverture, LE
PRÉCURSEUR et Dessalines, LE FONDATEUR.
Ville
espagnole jusqu’en 1809 (presque tout, dans la région, est identifié par
des noms espagnols aujourd’hui tronqués, déformés, tout comme beaucoup de mots
français d’ailleurs par les générations successives d’utilisateurs créolophones
qui se les sont appropriés) Hinche n’en est pas moins haïtienne aujourd’hui.
Strasbourg est-elle moins française pour avoir été annexée en 1681 seulement
par Louis XIV ?
Dans son texte sur la polémique opposant le docteur Jn-Mary
au professeur Reynold Eustache, Lucmane Vieux écrit :
« Il(le docteur Jn-Mary)
signale par ailleurs que sur la cour du presbytère de Hinche se trouvait dans
le temps une cloche datée de 1516 qui, selon lui, aurait été un don de Charles
Quint, roi d’Espagne…. »
D’entrée
de jeu, je dois l’avouer : je doute ( une opinion comme une autre, qui
vaut ce qu’elle vaut ! ) que l’attention de Charles Quint à la tête de cet
empire démesurément grand, s’étendant sur deux continents et amalgamant des
différences caractéristiques telles que peuvent l’être celles entre l’Allemagne
et l’Espagne ; d’un Charles Quint aux prises avec les graves problèmes suscités
par l’hostilité de François Ier, puis d’Henri II, la Réforme de Lüther et les
visées inquiétantes de l’expansionnisme Turc; je doute, dis-je que
l’attention du Monarque ait jamais été retenue par la lointaine Hispanola,
minuscule, vite pillée et délaissée par les conquistadors attirés depuis
par les riches mines d’or de l’Amérique latine,
immense,
au point de lui en valoir cette cloche en cadeau…Ce qui n’affecte
en rien une adhésion acquise à la thèse du docteur Jn-Mary dont je me
désolidariserais si seulement le résultat des recherches entreprises à Cordou
venait à l’infirmer. Elle maintient, cette thèse, une
vénérable tradition chère aux Hinchois dont l’orgueil y puise une
incomparable satisfaction. Mais la vie est ainsi faite que souvent, tel un
mauvais génie, une fée malfaisante vient troubler nos joies les plus pures en y
semant l’ivraie de l’amertume…Ceci, je l’ai encore expérimenté à la
lecture de la suite de l’extrait reproduite ci-après pour l’information du
lecteur :
« Se plaignant de la disparition de cette cloche, docteur Kyss Jn-Mary
invite les Archives Nationales l’ISPAN, bref l’Etat haïtien à entreprendre des
démarches pour la retrouver et faire la lumière autour du contexte de son
déplacement
Le doyen de la faculté de médecine de l’université Quisqueya propose aussi des
pistes de recherches. Indiquant que cette cloche se trouvait à Hinche à
l’époque où cette ville dépendait du diocèse des Gonaïves, il estime que la
consultation des archives gonaïviennes seraient(sic) bénéfiques en ce sens.
Il présume enfin que le cadeau de Charles Quint pourrait tout
aussi bien se trouver actuellement à l’étranger compte tenu du passage au
diocèse de Hinche de prêtres bretons. Là encore, docteur Kyss Jean-Marie
insiste sur la nécessité de rapatrier cette cloche qu’il considère comme un
patrimoine national»
Si
j’ai bien lu et compris ce qui précède, ce cadeau de Charles Quint pourrait
actuellement être en la possession de quelque collectionneur ou antiquaire à
étranger, ayant fait l’objet d’un trafic impliquant un des prêtres bretons qui
ont desservi la paroisse de Hinche.
C’est
en mon nom personnel et en celui de tous les vieux catholiques hinchois, ses
ouailles, dont la vénération s’est affirmée dans ce marbre scellé au mur de
l’une des chapelles latérales de la vieille église paroissiale que je plaide
ici pour le respect dû à la mémoire du Rd. Père Jean Le Bobinec, cet homme de
Dieu sous la cure duquel a commencé la saga de la cloche en question. Une
mémoire sans tache que l’insinuation contenue dans le dernier paragraphe du
texte cité a éclaboussée, en voulant écorcher les prêtres bretons qui ont
exercé le ministère sacerdotal à Hinche.
Ce
missionnaire au sens le plus chrétien du terme, qui avait entendu l’appel du
Maître et non celui de l’argent, est mort pauvre, incapable de se payer un
billet d’avion pour ce voyage de santé en France dont il ne reviendrait jamais.
Il est reparti ombre de lui-même, après douze ans de labeur à la vigne du
Seigneur. A sillonner à dos de cheval les routes et chemins d’un territoire
aussi vaste que celui englobant Hinche, Los-Palis, Marmont, Maïssade,
Madan Joa, Thomonde, Baille Tourib, Thomassique, Cerca-Carvajal au fort de la
Deuxième Guerre mondiale, il s’était ruiné la santé, celui qui, au lendemain de
son ordination était arrivé à Hinche rayonnant de jeunesse. Il est mort pauvre,
car l’argent que d’autres amassaient avec avidité, lui, le retournait aux
fidèles dans les œuvres paroissiales…
Je
l’ai vue de mes yeux, cette cloche ; ces autres familiers du presbytère aussi,
dans le temps, les Roger Labonté, futur prêtre, André et Sénèque Lucas, Rolès
Jn-Gilles, futur capitaine des Forces armées, disparu sans laisser de trace
sous Papa Doc, Lucien Brisson, futur agronome, Jean Désir, Joseph et Dévé
Jean-Baptiste, Résimus François etc., tous partis pour l’au-delà. Et je
témoigne qu’elle a bel et bien existé. Combien de fois, M. Rick Garnier, un des
signataires de la Constitution de 1987, ne l’a-t-il pas vue à Hinche puis dans
la cour du Musée d’Ethnologie. La date de fonte gravée dessus serait 1794 au lieu de 1516. La
voix éraillée, cassée par cette énorme fêlure en son flanc, chargée d’ans, elle
gisait à cette époque, au pied d’une installation de fortune à ciel ouvert
tenant lieu de clocher à l’angle sud-est de la cour du presbytère. Jamais
plus elle n’appellerait les fidèles aux offices du culte, ne
carillonnerait les mariages ni n’annoncerait les obsèques d’un fidèle
rappelé par le Père. C’était au temps où Jean Le Bobinec avait ouvert à la
jeunesse le presbytère converti en véritable salle de loisirs, le dotant de
tennis sur table, tables de Mississipi, jeux de dames, de domino, d’un embryon
de bibliothèque de lecture. Peu après son arrivée à la cure de la paroisse, il
avait réformé la vieille école presbytérale, fondé cette chorale qui à un
moment de la durée comptait parmi les meilleures du pays, créé une troupe
de scouts avec ses louveteaux dont le dernier, un grand-père septuagénaire vit actuellement
à Mc Donough, en Georgie… le mouvement des croisés, des cadettes. ..
Il
n’entre pas dans mon propos de porter ici un jugement sur le ‘’passage’’( pour
emprunter le terme à Lucmane Vieux) des prêtres bretons en
Haïti. Encore moins à Hinche où il fut relativement court,
ayant débuté vers 1900, au départ du dernier PADRE, le Père
PICHADO, pour se terminer à l’arrivée de ces envoyés de Dieu, les
religieux belges parmi lesquels se distingue un Joseph Berghman’s.
Je connais assez l’histoire de mon pays pour me faire une opinion sur le sujet.
Mais mon jugement je le réserve…On me permettra seulement de dire que la
piste de recherche proposée au dernier paragraphe du texte cité en est une de
fausse ; que les prêtres bretons, des boucs émissaires en la circonstance,
n’ont rien eu à voir dans une disparition à l’occasion de laquelle se vérifie
une fois de plus le vieux
proverbe rat
manje kann, zandolit mouri inosan et
qu’au lieu de blâme, le Rd. Père Le Bobinec mérite des compliments. Et
pour cause !
On
est dans les premières années de la décennie 40. Au courant de
l’existence de la cloche en question, des émissaires du gouvernement de M.
Lescot dépêchés à cette fin vinrent à Hinche solliciter du curé de la
paroisse la pièce de fonderie ancienne comme cadeau au Bureau d’Ethnologie
récemment fondé par Jacques Roumain, l’Unique, de regrettée mémoire. Ce à
quoi le brave curé répondit : « La paroisse, pauvre, ne peut se
procurer des cloches convenables. Cette pièce de fonderie d’une valeur
historique inestimable, vaut son pesant d’or chez un collectionneur
ou un marchand d’antiquités étranger. En retour d’un petit carillon
décent que vous voudriez lui payer, cette cloche serait à vous,
Messieurs. » On promit au curé de faire rapport à qui de droit pour
les suites nécessaires.
Roger Labonté, Lucien Brisson ( que Dieu ait leurs âmes !) et
moi avons tenu du curé lui-même cette information obligatoirement communiquée à
la Fabrique et aussi à feus Azénof Jn-Gilles , Georges
Brisson qu’il avait en grande estime et qui le méritaient bien.
Au koze ti
kariyon desan du brave curé on avait donné on bon kout tafia,comme on dit en bon créole de chez nous. Et environ 20 ans passèrent. Puis,
un beau matin, sous le gouvernement de Papa Doc qui ne s’embarrassait pas trop
de principes, manu militari, sans compensation aucune, la
paroisse de Hinche fut dépossédée de cette cloche qui se retrouvera dans la
cour du Musée de la Faculté d’Ethnologie au Champ-de-Mars avec cette
inscription : CLOCHE DE LA PAROISSE DE HINCHE.
Les
présentes réflexions devaient, dans mon esprit, être l’occasion, non pas de
proposer une piste de recherches aux éminents chercheurs engagés dans la
polémique sur la date de la fondation de notre ville mais de localiser avec précision
à leur intention la cloche dont il s’agit ici . J’ai voulu, au préalable, avoir
le dernier portrait des lieux connus dans le temps par ceux qui
fréquentaient le Musée d’Ethnologie. Mais déçu, je reproduis ci-après
deux extraits de courriels reçus de Port-au-Prince les 27 et 30 du mois
de juillet de la présente année :
-‘’…Je doute fort que le musée
existe encore, vu l’état de grand délabrement du local.’’
=’’…Je reviens tout juste du Musée d’Ethnologie où malheureusement mes
recherches sur la cloche n’ont pas abouti.
Dans la cour je n’ai vu que des pièces de canon, d’ailleurs mal
entretenues. Et dans une grande salle, à l’intérieur, il n’y a que des
accessoires de vaudou et un petit buste de Jacques Roumain. Ce qui, à mon avis,
ne suffit pas à justifier l’appellation de Musée attribuée à ce lieu. C’est
tellement pauvre en objets présentant un intérêt historique.
Celui qui pourrait
me renseigner n’a jamais entendu parler de cette cloche…’’
Le
grand Jacques Roumain doit se retourner dans sa tombe dans ce pays a
lanvè, hier Perle des Antilles, aujourd’hui krizokal, comme le dit si bien la chanson
de Gracia & Richie.
Personnellement, je crois que la bonne foi de l’actuel
conservateur du Musée, qui affirme n’avoir jamais entendu parler de cette
cloche, ne peut être mise en doute.
Je sais que la pièce vénérable enlevée manu militari à la paroisse de Hinche a été
remise au Musée d’Ethnologie dont les habitués, dans le temps, (nombreux
en Amérique du Nord) disent qu’elle y était encore, peu après le renversement
du fils Duvalier. Il est donc à présumer que sa vraie disparition remonte à la
GAGÔT des caporaux post-duvaliériens. Il n’a pas dû être bien difficile à
un de ces braconniers qui majoritairement ont toujours encombré
l’administration du pays de la subtiliser. Quand on est coutumier de vendre les
pauvres paysans, nos compatriotes, aux batey
de la république voisine, on ne doit pas se faire trop de scrupule de
chiper une cloche pour aller la planer sans vergogne.
Le Musée du Panthéon national haïtien(MUPANAH) expose
une Cloche de la
Liberté sonnée en 1793 par Toussaint Louverture lors de
la Proclamation de la Liberté générale des esclaves par Sonthonax.
Sur
les pans de cet éloquent témoin de notre passé, on lit, gravée,
l’inscription :
POISSON
LE PÈRE
FONDEUR DES TRAVEUX DU ROY A
ROUEN M’A FAIT
L’AN MILLE SEPT CENT QUATRE-VINGT CINQ.
Deux
cent vingt-deux ans aujourd’hui, cette cloche de bronze ! Un intérêt
historique fabuleux ! De quoi attiser la cupidité du voleur de celle de
Hinche dont (avec le docteur Jn-Mary) on souhaite la récupération par
l’Etat. Si ce truand tourmenté par le ’’ désir indécent de faire de
l’argent de tout ‘’ guettait l’occasion d’escamoter cette autre pièce de musée
qui vaut une fortune chez un riche collectionneur ou un antiquaire étranger !
Monsieur
le conservateur du MUPANAH, veillez au grain !
Léonard
Dubuisson, av.
enseignant retraité
Ville Mont-Royal,QC
leonard.dubuisson@sympatico.ca
enseignant retraité
Ville Mont-Royal,QC
leonard.dubuisson@sympatico.ca
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