mardi 14 février 2012

Un article d'intérêt Historique sur la Fondation de la ville de Hinche



Réflexions d’un vieil  octogénaire, en marge de                       
LA QUERELLE  DES  DATES :                                                                
UN  ÉCART DE DEUX SIÈCLES   de Lucmane Vieux          
Bientôt soixante ans.  Je me souviens comme d’hier, pourtant, de ce jeudi matin à Hinche. C’était le lendemain du PAKALA du mercredi 10 mai 1950. La veille donc, l’arme de service du lieutenant Perpignand collée sur sa tempe, dit-on, Dumarsais Estimé s’était plié au diktat du colonel Paul Magloire, futur président et très illustre général de division,  Kanson Fè, de son nom-vanyan…
Dans notre bled abandonné par les pouvoirs publics, le Certificat d’études primaires, pour la grande majorité des enfants, marquait depuis toujours la fin de l’école, dans l’impossibilité de parents disposant exclusivement des maigres  ressources tirées de terres quasi improductives, de leur payer pension et études secondaires  à Port-au-Prince ou au Cap-Haïtien.
Mais les choses venaient de changer : Dumarsais Estimé avait retenu un plaidoyer en faveur de l’enseignement secondaire pour cette Hinche aussi, jusque-là ostracisée. Et le bébé de nos lycées nationaux, inauguré en octobre 1949, allait, à cette date, sur sa première année.
« Nous l’avons échappé belle. Encore un  peu et nous perdions la chance de notre vie ! » avaient répété nos jeunes lycéens abasourdis par la nouvelle fracassante de la démission à la baïonnette de la veille. N’écoutant que leurs cœurs, garçons et filles s’étaient donné le mot pour,   en ce matin du 11 mai, arborer à la boutonnière de leurs  chemises ou corsages un petit rectangle d’étoffe noire en signe de deuil.
Dieu voulut que ce signe ne fût pas interprété comme une protestation qui certainement leur aurait valu on pli danno,  de kout rigwaz, une pluie de coups de fouet autrement dit et aux professeurs une bastonnade en règle. Les lycéesLouverture  et Des Jeunes Filles n’ont-ils pas été dans le temps le théâtre de scènes aussi dégradantes que celles d’abrutis de La Police, autant dire de l’armée, matraquant sauvagement, sans distinction d’âge ni de ***e, professeurs et élèves sans défense ?
Petit rectangle d’étoffe noire.  Signe de deuil. Mais au-delà, expression d’un profond sentiment de reconnaissance envers celui qui reste et demeure, à mon avis, le plus grand bienfaiteur de chacun  des élèves en particulier de ces six générations et de Hinche  en général.
Le nom de feu Socrate Bosquet, premier élève de terminale au Lycée reçu au Baccalauréat, incorporé dans la suite au personnel enseignant, figure en  tête de cette liste ouverte une dizaine d’années environ après l’inauguration d’octobre 1949. Une liste qui continuera de s’allonger de tous ces médecins, ingénieurs, enseignants, infirmières, techniciens, prêtres catholiques, pasteurs  protestants oeuvrant dans le pays et à l’étranger, pour ne citer que Kyss Jn-Mary(à tout seigneur, tout honneur)André Joseph,    Frantz Bréa, Maud Aaron’s, Debussy Damier,  Wilfrid Sylvain,    Claude Appolon,  Hébert Malary, André Sully, Max Bien-Aimé, Joseph Appolon, Dugué  Jn-Louis, Massenet, Newton, et Max L. Jean, Andrèle Robillard, Franck Pierre, Cromwell Pierre-Louis, Hedgire Brizard, Musset Jn-Gilles, Pollux Jean, Ramino Olivier, Jonas Etienne, Wilner Sylvain,  Wilbert Lefort  Marcelin Brun, Hélène et Léone Gauthier, Marlène Appolon, Françoise Sylvestre, Émilie Damier, Ghislaine Marcellus, Carmélite Désormes Anasthasie Robillard; de tous ces avocats dont Emanès Martineau,   R. Sylvain, B. A. Jean (juge à la Cour de Cassation)  et même d’un politicien… d’envergure nationale.
Hommage aux « pluies de la première saison »(Épître de Jacques V, 7) prenmiyè grenn lapli  ki te fè mayi-a leve : DUMARSAIS ESTIMÉ ! Deux champions de cette abondante moisson  s’affrontent aujourd’hui dans une polémique de haut niveau. L’initiateur du débat et son contradicteur ont tous deux du mérite et leur démarche d’intellectuels natifs du département du Centre n’a rien d’étonnant, quoi qu’on en dise.  Qu’y a-t-il de surprenant en effet à vouloir établir avec exactitude la date de la fondation de Hinche ? 
Dans les veines du docteur  Kyss Jn-Mary, le Hinchois des deux polémistes, coule le sang d’un combatif.   Les plus de soixante-cinq ans ont vu  feu Escan Jn-Mary, secondé par  le  bagarreur  Hector Lapaix,  comme lui, décédé aujourd’hui,  dénoncer et forcer à  reculer  cet administrateur cupide qui faisait jeter purement et simplement dans la fosse commune le cadavre de l’indigent  mort à   l’Hôpital Ste-Thérèse, pour empocher l’argent de son cercueil… On sent revivre la combativité du père; et revient à la mémoire La conférence épiscopale : Un cri d’outre-tombe. Un pamphlet d’une rare causticité alliant finesse et véhémence dans la dénonciation de la complaisance complice d’un  ‘’certain   oui…mais’’ contrastant avec l’énergique non possumus de Pierre et Jean au Sanhédrin (Actes : IV, 20). En  novembre 2003, il en fallait du courage en Haïti( si transparente était l’allusion ) pour oser écrire : « Messeigneurs seraient-ils plus grands que le Maître ou le Patriarche Samuel qui a dû finalement se débarrasser de Saül, élu du peuple et oint par lui-même comme Roi d’Israel selon l’ordre de Dieu lui-même ? »
On ne peut douter que l’avancement des connaissances  d’abord ait motivé les protagonistes du débat, divisés par une date mais réunis par une pensée commune, un  sentiment nourri aux sources d’une piété toute filiale, telle que peut l’inspirer la vénération envers une vieille mère, HINCHE en l’occurrence, dont leur « querelle »,  selon le titre de l’article de Lucmane Vieux, sonne l’éveil à l’indiscutable (j’ai mesuré la portée de l’expression) vitalité  intellectuelle de notre peuple. Une vitalité sous-tendue chez les deux  chercheurs  par la détermination  non équivoque de faire accéder la ville, tout naguère Cendrillon, à  la place qui lui revient.
Au premier abord, la date de la fondation de Hinche certes  est une question d’intérêt régional.  Mais qu’on le veuille ou non,  le  national  transcende  ici.
Quand intervinrent les traités de Ryswick, d’Aranjuez et de Bâle, le premier en 1697, confirmant la présence française à Hispanola,  le second en 1777, réglant les limites des possessions espagnole et française et le troisième, du 22 juillet 1795, par lequel l’Espagne céda à la France sa colonie de l’Est,  la limite séparant l’AUDIENCE ESPAGNOLE et la partie française de l’ïle passe au-delà de St-Michel de l’Atalaye ( du nom du marquis de Atalaya)et  Hinche est située profondément  à l’intérieur des terres dans la partie orientale. Elle ne sera incorporée dans le territoire de la République d’Haïti qu’en 1809, date à laquelle Christophe l’enlève à la partie espagnole dont les Français restent maîtres jusqu’à ce qu’en 1814 ils la rétrocèdent à l’Espagne.  Son indépendance proclamée en 1821, la partie de l’Est s’unit à  la République d’Haïti. Union de courte durée puisqu’en 1844, les  Dominicains se séparent définitivement d’Haïti sans réclamer les régions arrachées aux Français par Christophe.
Rattachée après coup à la République,  Hinche aura tenu à affirmer son acceptation  de la nouvelle filiation ‘’adoptive’’ et sa volonté d’accomplir, irréversiblement  unie à elle, la destinée de l’héritière de la patrie léguée par les Preux de 1804. C’est, à mon avis, la signification des signatures de Massena, de Lorient Péralte au bas de l’acte de protestation de la Commune de Hinche en 1871, contre toute annexion du territoire national. Et encore mieux,  du combat du fils et neveu qu’a hanté le rêve de RESTAURER notre indépendance agressée en 1915 ; de celui qui a tracé avec son sang les caractères du mot HINCHE à côté  des noms  mémorables de BRÉDA, de CORMIER qui ont vu naître Toussaint Louverture, LE PRÉCURSEUR et Dessalines,  LE FONDATEUR.
Ville espagnole  jusqu’en 1809 (presque tout, dans la région, est identifié par des noms espagnols aujourd’hui tronqués, déformés, tout comme beaucoup de mots français d’ailleurs par les générations successives d’utilisateurs créolophones qui se les sont appropriés) Hinche n’en est pas moins haïtienne aujourd’hui.  Strasbourg est-elle moins française pour avoir été annexée en 1681 seulement par Louis XIV ?
Dans son texte sur la polémique opposant le docteur Jn-Mary au professeur Reynold Eustache, Lucmane Vieux écrit :
      « Il(le docteur Jn-Mary) signale par ailleurs que sur la cour du presbytère de Hinche se trouvait dans le temps une cloche datée de 1516 qui, selon lui, aurait été un don de Charles Quint, roi d’Espagne…. »           
D’entrée de jeu, je dois l’avouer : je doute ( une opinion comme une autre, qui vaut ce qu’elle vaut ! ) que l’attention de Charles Quint à la tête de cet empire démesurément grand, s’étendant sur deux continents et amalgamant des différences caractéristiques telles que peuvent l’être celles entre l’Allemagne et l’Espagne ; d’un Charles Quint aux prises avec les graves problèmes suscités par l’hostilité de François Ier, puis d’Henri II, la Réforme de Lüther et les visées inquiétantes de l’expansionnisme Turc;  je doute, dis-je que l’attention du Monarque ait jamais été retenue par la lointaine Hispanola, minuscule, vite pillée et délaissée par les conquistadors attirés depuis  par les riches mines d’or de l’Amérique latine,
immense, au point de lui  en  valoir cette cloche en cadeau…Ce qui n’affecte en rien une adhésion acquise à la thèse du docteur Jn-Mary dont je me désolidariserais si seulement le résultat des recherches entreprises à Cordou venait à l’infirmer. Elle maintient,  cette thèse, une vénérable tradition chère aux Hinchois dont l’orgueil y  puise une incomparable satisfaction. Mais la vie est ainsi  faite que souvent, tel un mauvais génie, une fée malfaisante vient troubler nos joies les plus pures en y semant l’ivraie  de l’amertume…Ceci, je l’ai encore expérimenté à la lecture de la suite de l’extrait reproduite ci-après pour l’information du lecteur :
     « Se plaignant de la disparition de cette cloche, docteur Kyss Jn-Mary invite les Archives Nationales l’ISPAN, bref l’Etat haïtien à entreprendre des démarches pour la retrouver et faire la lumière autour du contexte de son déplacement
     Le doyen de la faculté de médecine de l’université Quisqueya propose aussi des pistes de recherches. Indiquant que cette cloche se trouvait à Hinche à l’époque où cette ville dépendait du diocèse des Gonaïves, il estime que la consultation des archives gonaïviennes seraient(sic) bénéfiques en ce sens.
      Il présume enfin que le cadeau de Charles Quint pourrait tout aussi bien se trouver actuellement à l’étranger compte tenu du passage au diocèse de Hinche de prêtres bretons. Là encore, docteur Kyss Jean-Marie insiste sur la nécessité de rapatrier cette cloche qu’il considère comme un patrimoine national»
Si j’ai bien lu et compris ce qui précède, ce cadeau de Charles Quint pourrait actuellement être en la possession de quelque collectionneur ou antiquaire à étranger, ayant fait l’objet d’un trafic impliquant un des prêtres bretons qui ont desservi la paroisse de Hinche.
C’est en mon nom personnel et en celui de tous les vieux catholiques hinchois, ses ouailles, dont la vénération s’est affirmée dans ce marbre scellé au mur de l’une des chapelles latérales de la vieille église paroissiale que je plaide ici pour le respect dû à la mémoire du Rd. Père Jean Le Bobinec, cet homme de Dieu sous la cure duquel a commencé la saga de la cloche en question. Une mémoire sans tache que l’insinuation contenue dans le dernier paragraphe du texte cité a éclaboussée, en voulant écorcher les prêtres bretons qui ont exercé le ministère sacerdotal à Hinche.
Ce missionnaire au sens le plus chrétien du terme, qui avait entendu l’appel du Maître et non celui de l’argent, est mort pauvre, incapable de se payer un billet d’avion pour ce voyage de santé en France dont il ne reviendrait jamais. Il est reparti ombre de lui-même, après douze ans de labeur à la vigne du Seigneur. A sillonner à dos de cheval les routes et chemins d’un territoire aussi vaste  que celui englobant Hinche, Los-Palis, Marmont, Maïssade, Madan Joa, Thomonde, Baille Tourib, Thomassique, Cerca-Carvajal au fort de la Deuxième Guerre mondiale, il s’était ruiné la santé, celui qui, au lendemain de son ordination était arrivé à Hinche rayonnant de jeunesse. Il est mort pauvre, car l’argent que d’autres amassaient avec avidité, lui, le retournait aux fidèles dans les œuvres paroissiales…
Je l’ai vue de mes yeux, cette cloche ; ces autres familiers du presbytère aussi, dans le temps, les Roger Labonté, futur prêtre, André et Sénèque Lucas, Rolès Jn-Gilles, futur capitaine des Forces armées, disparu sans laisser de trace sous Papa Doc, Lucien Brisson, futur agronome, Jean Désir, Joseph et Dévé Jean-Baptiste, Résimus François etc., tous partis pour l’au-delà. Et je témoigne qu’elle a bel et bien existé. Combien de fois, M. Rick Garnier, un des signataires de la Constitution de 1987, ne l’a-t-il pas vue à Hinche puis dans la cour du Musée d’Ethnologie. La date de fonte gravée dessus serait 1794  au lieu de 1516.  La voix éraillée, cassée par cette énorme fêlure en son flanc, chargée d’ans, elle gisait à cette époque, au pied d’une installation de fortune à ciel ouvert tenant lieu de clocher à l’angle sud-est de la cour du  presbytère. Jamais plus elle n’appellerait les fidèles aux offices du culte, ne carillonnerait  les mariages ni n’annoncerait les obsèques d’un fidèle rappelé par le Père. C’était au temps où Jean Le Bobinec avait ouvert à la jeunesse le presbytère converti en véritable salle de loisirs, le dotant de tennis sur table, tables de Mississipi, jeux de dames, de domino, d’un embryon de bibliothèque de lecture. Peu après son arrivée à la cure de la paroisse, il avait réformé la vieille école presbytérale, fondé cette chorale qui à un moment de la durée comptait parmi les meilleures du pays,  créé une troupe de scouts avec ses louveteaux dont le dernier, un grand-père septuagénaire vit actuellement à Mc Donough, en Georgie… le mouvement des croisés,  des cadettes. ..
Il n’entre pas dans mon propos de porter ici un jugement sur le ‘’passage’’( pour emprunter le terme à  Lucmane Vieux)  des prêtres bretons en Haïti.  Encore moins à Hinche où  il fut  relativement court, ayant  débuté vers 1900, au départ du dernier PADRE, le  Père PICHADO, pour se terminer à l’arrivée de ces envoyés de Dieu,  les religieux belges parmi lesquels se distingue un  Joseph Berghman’s.  Je connais assez l’histoire de mon pays pour me faire une opinion sur le sujet. Mais  mon jugement je le réserve…On me permettra seulement de dire que la piste de recherche proposée au dernier paragraphe du texte cité en est une de fausse ; que les prêtres bretons, des boucs émissaires en la circonstance, n’ont rien eu à voir dans une disparition à l’occasion de laquelle se vérifie une fois de plus le vieux proverbe          rat manje kann, zandolit mouri inosan et qu’au lieu de blâme, le Rd. Père Le Bobinec mérite des compliments.  Et pour cause !
On est dans les premières années de la décennie 40.  Au courant de l’existence de la cloche en question, des émissaires du gouvernement de M. Lescot dépêchés à cette fin vinrent à Hinche solliciter du curé  de la paroisse la pièce de fonderie ancienne comme cadeau au Bureau d’Ethnologie récemment fondé par Jacques Roumain, l’Unique, de regrettée mémoire.  Ce à quoi le brave curé répondit : « La paroisse, pauvre, ne peut se procurer des cloches convenables. Cette pièce de fonderie d’une valeur historique inestimable,  vaut son pesant d’or  chez un collectionneur ou un marchand d’antiquités  étranger. En retour d’un petit carillon décent que vous voudriez lui payer, cette cloche serait à vous, Messieurs. »  On promit au curé de faire rapport à qui de droit pour les suites nécessaires.

Roger Labonté, Lucien Brisson ( que Dieu ait leurs âmes !) et moi avons tenu du curé lui-même cette information obligatoirement communiquée à la Fabrique  et aussi  à  feus  Azénof Jn-Gilles , Georges Brisson qu’il  avait en grande estime et qui le méritaient bien.
Au koze ti kariyon desan  du brave curé on avait donné on bon kout tafia,comme on dit en bon créole de chez nous. Et environ 20 ans passèrent. Puis, un beau matin, sous le gouvernement de Papa Doc qui ne s’embarrassait pas trop de principes, manu militari, sans compensation aucune, la paroisse de Hinche fut dépossédée de cette cloche qui se retrouvera dans la cour du Musée de la Faculté d’Ethnologie au Champ-de-Mars  avec cette inscription : CLOCHE DE  LA PAROISSE  DE HINCHE.
Les présentes réflexions devaient, dans mon esprit, être l’occasion, non pas de proposer une piste de recherches aux éminents chercheurs engagés dans la polémique sur la date de la fondation de notre ville mais de localiser avec précision à leur intention la cloche dont il s’agit ici . J’ai voulu, au préalable, avoir le dernier portrait des lieux connus dans le temps  par ceux qui fréquentaient le Musée d’Ethnologie. Mais déçu, je  reproduis ci-après deux extraits de courriels  reçus de Port-au-Prince les 27 et 30 du mois de juillet de la présente année :
     -‘’…Je doute fort que le musée existe encore, vu l’état de grand délabrement du local.’’
      =’’…Je reviens tout juste du Musée d’Ethnologie où  malheureusement mes recherches sur la cloche n’ont pas abouti.
        Dans la cour  je n’ai vu que des pièces de canon, d’ailleurs  mal entretenues. Et dans une grande salle, à l’intérieur, il n’y a que des accessoires de vaudou et un petit buste de Jacques Roumain. Ce qui, à mon avis, ne suffit pas à justifier l’appellation de Musée attribuée à ce lieu. C’est tellement pauvre en objets présentant un intérêt historique.
        Celui qui pourrait me renseigner n’a jamais entendu parler de cette cloche…’’
Le grand Jacques Roumain doit se retourner dans sa tombe  dans ce pays  a  lanvè, hier Perle des Antilles, aujourd’hui krizokal, comme le dit si  bien la chanson de Gracia & Richie.
Personnellement, je crois que la bonne foi de l’actuel conservateur du Musée, qui affirme n’avoir jamais entendu parler de cette cloche, ne peut être mise en doute.
Je sais que la pièce vénérable enlevée manu militari à la paroisse de Hinche a été remise au  Musée d’Ethnologie dont les habitués, dans le temps, (nombreux en Amérique du Nord) disent qu’elle y était encore, peu après le renversement du fils Duvalier. Il est donc à présumer que sa vraie disparition remonte à la GAGÔT des caporaux post-duvaliériens. Il n’a pas dû  être bien difficile à un de ces braconniers qui majoritairement ont toujours encombré l’administration du pays de la subtiliser. Quand on est coutumier de vendre les pauvres paysans, nos compatriotes, aux batey  de la république voisine,  on ne doit pas se faire trop de scrupule de chiper une cloche pour aller la planer  sans vergogne.
Le Musée du Panthéon national haïtien(MUPANAH) expose une  Cloche  de la Liberté sonnée en 1793 par Toussaint  Louverture  lors  de  la   Proclamation de la Liberté générale des esclaves  par Sonthonax.
Sur les pans de cet éloquent témoin  de notre passé, on lit, gravée, l’inscription :
                                      POISSON  LE  PÈRE
                                      FONDEUR DES  TRAVEUX  DU  ROY A ROUEN  M’A  FAIT
                                      L’AN MILLE SEPT CENT QUATRE-VINGT CINQ.
Deux cent vingt-deux ans  aujourd’hui, cette cloche de bronze ! Un intérêt historique fabuleux ! De quoi attiser la cupidité du voleur de celle  de Hinche dont (avec le docteur Jn-Mary) on souhaite la récupération par l’Etat.  Si  ce truand tourmenté par le ’’ désir indécent de faire de l’argent de tout ‘’ guettait l’occasion d’escamoter cette autre pièce de musée qui vaut une fortune chez un riche collectionneur ou un antiquaire étranger !
Monsieur le conservateur du MUPANAH,  veillez au grain !

Léonard Dubuisson, av.
enseignant retraité
Ville Mont-Royal,QC
leonard.dubuisson@sympatico.ca

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