Halte
à l'escalade
- Jean L Théagène
En réponse à mon ami Harry Joseph de la presse parlée, je reprends mon analyse de la conjoncture politique haïtienne à l’occasion de ce 5 Mai baptisé « Jour de la presse. Ce texte paru dans la revue » Haïtiens d’aujourd’hui et vieux de six ans retrace ma lutte par la parole pour mon pays dont l’image agite mes jours et mes nuits d’exil. Inutile Cassandre, diriez-vous ! Mes avertissements ont toujours été dédaignés. Nonobstant, le pays continue à hanter mes pensées. Et je crois entendre Dépestre me redire tout bas à l’oreille « Seuls les oiseaux confiants de l’enfance peuvent aider un homme en exil à voyager jusqu’aux premières années de sa vie. » Six longues années après, rien n’a changé au pays de la politicaillerie et de la canaillerie. Ni le décor, ni les acteurs…. Toujours la même mise en scène.
Bonne Lecture
Halte à L’escalade et à La Perversion Politique
« Les gouvernements sont comme des enfants, il faut les surveiller de près de peur qu’ ‘ils ne tombent dans la délinquance »
ParJean L Théagène
Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’un fils du pays : Journaliste, écrivain ou autre se propose de temps en temps d’analyser un ou plusieurs points de l’actualité nationale. Il sait d’emblée que ses mots ne font que tomber dans le vide ou encore qu’ils s’évanouissent dans ces déserts spirituels, cimetière d’idées et de réflexions capables de mettre un terme aux dynamismes les plus fous. Malgré tout, regorgeant de matières à réflexion, l’actualité haïtienne demeure encore le champ d’expérimentation par excellence de tous les professionnels de la communication, mais aussi de tous les thuriféraires et apologistes gouvernementaux, de tous les publicistes mercantiles qui font leur chou gras de ces mots qu’ils écrivent à l’intention de lecteurs quelquefois indifférents. Directeur d’opinions, tant s’en faut. Historiens du quotidien, sans doute, toujours nostalgiques de leur temps de collège ou de lycée où les
professeurs de littérature s’en laissaient quelquefois imposer par des potaches audacieux. Aujourd’hui, rein n’a changé. Et à défaut du professeur articulé qui vous en mettait plein la vue, le journaliste affronte à présent les caprices de mandarins autrement plus sévères, de chefs politiques autrement plus intolérants.
Et l’on arrive à se demander comment des individus intelligents, intellectuellement bien formés aient pu choisir d’exercer un tel métier. Métier plus dangereux que celui du soldat dont le destin est de s’objecter à la mort sur les champs de bataille. Là au moins, l’ennemi est identifié, répéré, tandis que le journaliste ne voit jamais où les coups peuvent venir. Aujourd’hui courtisan, demain critique et vous voilà prêt pour l’holocauste, prêt à servir d’exemple à ne pas suivre pour ces « Plumitifs »en mal d’une célébrité décidément coûteuse. Parlez-en à Jean Dominique, à Brignol Lindor, à ceux qui les ont précédés dans cette voie. Parlez en à ceux qui ont fini par abandonner ce « Gagne pain, perte de vie », en débarquant sans le sou dans ces pays qui se targuent de doser l’intolérance des « Dictatures bananières »par une complaisance « Welfariènne »vis-à-vis des victimes en fuite. Ainsi
va la vie. Et il y aura encore et toujours des idiots pour déposer gracieusement leur tête sur le billot ou tendre majestueusement leur cou à la lame des guillotines. Qu’importe, il ne faut pas laisser le drapeau tomber dans les mains d’ennemis toujours mal disposés !
Toujours est-il que par les temps qui courent, Sony Bastien et Lilianne Pierre-Paul doivent se mordre les doigts jusqu’au sang pour avoir un jour allumé sans trop y réfléchir les espoirs de leurs auditeurs dans une sorte de personnage de science-fiction juste bon à écraser tous ceux qui ont l’audace de se dresser sur son chemin. Que la veuve de Jean Dominique doit aujourd’hui faire la différence entre ceux qu’on serait tenté d’appeler des « Assassins en situation de légitime défense »et les criminels gratuits, purement instinctuels en situation de vengeance ou de plaisir. Combien Jean Dominique doit regretter ce dévouement servile à dessein envers un être indigne qu’il a été le premier à baptiser de l’apostrophe affectueuse de « Tidid » ! Comme elle doit avoir des problèmes de conscience cette pauvre veuve déchirée entre l’obligation de silence imposée par les circonstances et le désir de justice commandé par
son statut matrimonial ! Elle doit se sentir très mal d’avoir tant gagé sur le prophète. Tous ces partisans zélés, ces compatriotes fanatiques doivent maudire le jour où l’histoire les a mis sur la route de cet être méphistophélique. Pensons un peu à ceux qui dans le silence de leur sénescence et de leur dénuement attendent que la mort vienne mettre un terme à leur dépit : Dr Louis Roy, Père Dejean. Pensons aussi à cette armada de têtes partie en croisade pro-Aristidienne contre tout ce que le pays comptait de sain dans sa réserve: Gérard Pierre-Charles, Serge Gilles, Evans Paul, Turneb Delpé, Victor Benoit, Jean Claude Bajeux et tant d’autres. Il y a encore ceux qui ont choisi de disparaître, au fort de leur déception, en pleine tempête de contestation de leur choix initial: Père Antoine Adrien, Hervé Denis, Emile Olivier et maintenant René Théodore.
Les lendemains du 7 Février 1986 virent apparaître dans le décor national, une faune des plus colorées. Politiciens traditionnels heureux de réintégrer un pays qu’ils ont toujours porté dans leur cœur et dans leur âme. Professionnels, universitaires qui ont profité de la mauvaise presse de Duvalier pour s’expatrier et se construire une petite vie confortable à l’étranger. Réfugiés de tous poils, ouvriers non spécialisés, immigrants de bonne foi désireux de retrouver au fin fond des Caraïbes un coin de terre avec lequel ils entretiennent une grande complicité. Et dans l’euphorie du retour au pays natal, des politiciens bien formés, produits des plus réputés établissements de l’étranger, prêts à s’engager dans la bataille du changement pour le triomphe de la démocratie. Ô le grand mot ! Parmi les visages nouveaux de la meute, un jeune loup de 45 ans, d’une belle prestance et d’une faconde tout aussi prestigieuse
qui fascinaient tous ceux qui l’approchaient. Ses interventions à la radio offrent à l’appréciation des auditeurs une voix imposante qui proposait à l’époque d’élever le niveau du débat. Quand à la télévision, ses prestations sont un enchantement pour l’ouïe : Les deux sens qui donnent subitement accès à l’exploration des qualités profondes de l’homme.
Détaché des contingences purement matérielles, René Théodore faisait figure de modéré dans cette animalerie où tous les coups étaient permis et portés. Sa force de persuasion faisait aussi sa différence avec les autres leaders connus dont la réputation très souvent surfaite se buttait constamment à une méconnaissance totale de la réalité haïtienne. L’homme séduisait et allait chercher des sympathies et des supports même chez ses ennemis les plus irréductibles. Rompant avec l’image qu’on se fait ordinairement des leaders de la gauche ou de l’extrême gauche, une image d’Epinal peu rassurante avec des zones d’ombre et des flous aux encoignures, Théodore joignait une certaine élégance morale à la rigueur dogmatique, caractéristique des doctrinaires du communisme international. Jamais pris à défaut, jamais une note discordante dans l’octave. On s’étonne aujourd’hui que dans la foulée des tractations de
Governor’s Island, les militaires n’aient pas accepté le choix de René Théodore comme Premier Ministre Pressenti d’Aristide. Il aurait été intéressant d’observer une éventuelle confrontation entre ce leader madré et le cabotin chanceux qui continue à se donner en spectacle au Palais national. Nul doute que les résultats de l’analyse auraient été à l’avantage de Théodore. Quoi qu’il en soit, ce sont toujours les meilleurs, les plus dévoués, les plus solidaires, et les plus compétents qui s’en vont. Il faut croire que la politique haïtienne, en même temps qu’un éteignoir de moralité est aussi une tueuse de compétence et surtout une mangeuse d’hommes. Mais tant qu’il restera dans le ciel de ce pays quelques étoiles de Bethléem pour conduire à bon port des « Mages choisis sur la base de leurs qualités morales et de leurs vertus citoyennes, les étables et les grabats des petits christ abandonnés seront
protégés aussi bien des intempéries que de la hargne sanguinaire des Hérode en coudiailles».
Il va sans dire que ce leader qui épuise aujourd’hui tous ses pairs dans une cascade d’hommages sincères ou hypocrites rendus à sa dépouille, se préparait à mener la plus grande bataille de sa vie. Le poids des traditions méprisables se fait encore sentir dans la vie politique haïtienne. Des politiciens sans dimension, sous l’instigation du Chef de l’exécutif s’autorisent à toucher, que dis-je à profaner la Constitution de 1987 pour l’ajuster aux desseins de la formation politique au pouvoir. Mais au lieu d’en faire un corset ou un justaucorps propre à masquer les débordements biologico politiques d’un chef d’état instable, ils vont finir par leur stupidité et leur obstination par lui tresser une corde de chanvre au bout de laquelle sont ordinairement pendus les criminels de bas étage avec toute leur charge d’indignité et toute leur cargaison de turpitudes.
Ainsi, à la suite d’un ramassis de dirigeants inconséquents qui assautent le pouvoir politique par la force, les magouilles ou les compromissions de l’histoire nationale, « Fanmi Lavalas »revendique à son tour son droit au « psittacisme maniaco-dépressif politique. » Se prenant pour Dieu le Père après avoir été le prophète en exercice de cette nation en agonie permanente, Aristide se propose à présent de toucher « à l’œuvre tabou de la population haïtienne .»En effet, en 1987, ce peuple à la suite de son accouchement douloureux et laborieux d’une Charte qui devait une fois pour toute, régir les relations tant individuelles que collectives, chantait à tue-tête dans les rues de Port-au-Prince, avec un mélange de satisfaction et une ferme mise en garde : « Si yon nom m senti gason vin n change konstitisyion sa a. »
Aujourd’hui, l’assemblée des législateurs contestables et contestés est prête à faire le grand saut, ne serait-ce que pour faire un grand pied de nez à l’infantilisme d’une population habituée au phénomène de zombification. Dans quelque mois, le Chef de l’exécutif se permettra un prolongement de mandat en attendant de déclarer ubi et orbi qu’il compte se sacrifier et se consacrer pour la vie à cette fonction que le peuple lui confie. Et voilà, le tour est joué. La génération actuelle a trop reçu de baffes de l’étranger et des siens. Elle est devenue amorphe, amnésique, cataleptique. Il n’est donc plus étonnant que les constitutions se fassent violer à tour de rôle et de bras par les constitutionalistes eux-mêmes. D’ailleurs, ces derniers semblent trop aimer leur créature pour la laisser violer par d’autres.
Pour mettre fin au crime et à l’inceste, il appartient à la jeunesse brave et généreuse de se propulser sur la scène politique pour botter le cul à ces voleurs de destins qui, en fin de compte ne rencontrent aucune des exigences du 21èmesiècle.
Jean L Théagène
Président UNDH
Miami, Florida
- Jean L Théagène
En réponse à mon ami Harry Joseph de la presse parlée, je reprends mon analyse de la conjoncture politique haïtienne à l’occasion de ce 5 Mai baptisé « Jour de la presse. Ce texte paru dans la revue » Haïtiens d’aujourd’hui et vieux de six ans retrace ma lutte par la parole pour mon pays dont l’image agite mes jours et mes nuits d’exil. Inutile Cassandre, diriez-vous ! Mes avertissements ont toujours été dédaignés. Nonobstant, le pays continue à hanter mes pensées. Et je crois entendre Dépestre me redire tout bas à l’oreille « Seuls les oiseaux confiants de l’enfance peuvent aider un homme en exil à voyager jusqu’aux premières années de sa vie. » Six longues années après, rien n’a changé au pays de la politicaillerie et de la canaillerie. Ni le décor, ni les acteurs…. Toujours la même mise en scène.
Bonne Lecture
Halte à L’escalade et à La Perversion Politique
« Les gouvernements sont comme des enfants, il faut les surveiller de près de peur qu’ ‘ils ne tombent dans la délinquance »
ParJean L Théagène
Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’un fils du pays : Journaliste, écrivain ou autre se propose de temps en temps d’analyser un ou plusieurs points de l’actualité nationale. Il sait d’emblée que ses mots ne font que tomber dans le vide ou encore qu’ils s’évanouissent dans ces déserts spirituels, cimetière d’idées et de réflexions capables de mettre un terme aux dynamismes les plus fous. Malgré tout, regorgeant de matières à réflexion, l’actualité haïtienne demeure encore le champ d’expérimentation par excellence de tous les professionnels de la communication, mais aussi de tous les thuriféraires et apologistes gouvernementaux, de tous les publicistes mercantiles qui font leur chou gras de ces mots qu’ils écrivent à l’intention de lecteurs quelquefois indifférents. Directeur d’opinions, tant s’en faut. Historiens du quotidien, sans doute, toujours nostalgiques de leur temps de collège ou de lycée où les
professeurs de littérature s’en laissaient quelquefois imposer par des potaches audacieux. Aujourd’hui, rein n’a changé. Et à défaut du professeur articulé qui vous en mettait plein la vue, le journaliste affronte à présent les caprices de mandarins autrement plus sévères, de chefs politiques autrement plus intolérants.
Et l’on arrive à se demander comment des individus intelligents, intellectuellement bien formés aient pu choisir d’exercer un tel métier. Métier plus dangereux que celui du soldat dont le destin est de s’objecter à la mort sur les champs de bataille. Là au moins, l’ennemi est identifié, répéré, tandis que le journaliste ne voit jamais où les coups peuvent venir. Aujourd’hui courtisan, demain critique et vous voilà prêt pour l’holocauste, prêt à servir d’exemple à ne pas suivre pour ces « Plumitifs »en mal d’une célébrité décidément coûteuse. Parlez-en à Jean Dominique, à Brignol Lindor, à ceux qui les ont précédés dans cette voie. Parlez en à ceux qui ont fini par abandonner ce « Gagne pain, perte de vie », en débarquant sans le sou dans ces pays qui se targuent de doser l’intolérance des « Dictatures bananières »par une complaisance « Welfariènne »vis-à-vis des victimes en fuite. Ainsi
va la vie. Et il y aura encore et toujours des idiots pour déposer gracieusement leur tête sur le billot ou tendre majestueusement leur cou à la lame des guillotines. Qu’importe, il ne faut pas laisser le drapeau tomber dans les mains d’ennemis toujours mal disposés !
Toujours est-il que par les temps qui courent, Sony Bastien et Lilianne Pierre-Paul doivent se mordre les doigts jusqu’au sang pour avoir un jour allumé sans trop y réfléchir les espoirs de leurs auditeurs dans une sorte de personnage de science-fiction juste bon à écraser tous ceux qui ont l’audace de se dresser sur son chemin. Que la veuve de Jean Dominique doit aujourd’hui faire la différence entre ceux qu’on serait tenté d’appeler des « Assassins en situation de légitime défense »et les criminels gratuits, purement instinctuels en situation de vengeance ou de plaisir. Combien Jean Dominique doit regretter ce dévouement servile à dessein envers un être indigne qu’il a été le premier à baptiser de l’apostrophe affectueuse de « Tidid » ! Comme elle doit avoir des problèmes de conscience cette pauvre veuve déchirée entre l’obligation de silence imposée par les circonstances et le désir de justice commandé par
son statut matrimonial ! Elle doit se sentir très mal d’avoir tant gagé sur le prophète. Tous ces partisans zélés, ces compatriotes fanatiques doivent maudire le jour où l’histoire les a mis sur la route de cet être méphistophélique. Pensons un peu à ceux qui dans le silence de leur sénescence et de leur dénuement attendent que la mort vienne mettre un terme à leur dépit : Dr Louis Roy, Père Dejean. Pensons aussi à cette armada de têtes partie en croisade pro-Aristidienne contre tout ce que le pays comptait de sain dans sa réserve: Gérard Pierre-Charles, Serge Gilles, Evans Paul, Turneb Delpé, Victor Benoit, Jean Claude Bajeux et tant d’autres. Il y a encore ceux qui ont choisi de disparaître, au fort de leur déception, en pleine tempête de contestation de leur choix initial: Père Antoine Adrien, Hervé Denis, Emile Olivier et maintenant René Théodore.
Les lendemains du 7 Février 1986 virent apparaître dans le décor national, une faune des plus colorées. Politiciens traditionnels heureux de réintégrer un pays qu’ils ont toujours porté dans leur cœur et dans leur âme. Professionnels, universitaires qui ont profité de la mauvaise presse de Duvalier pour s’expatrier et se construire une petite vie confortable à l’étranger. Réfugiés de tous poils, ouvriers non spécialisés, immigrants de bonne foi désireux de retrouver au fin fond des Caraïbes un coin de terre avec lequel ils entretiennent une grande complicité. Et dans l’euphorie du retour au pays natal, des politiciens bien formés, produits des plus réputés établissements de l’étranger, prêts à s’engager dans la bataille du changement pour le triomphe de la démocratie. Ô le grand mot ! Parmi les visages nouveaux de la meute, un jeune loup de 45 ans, d’une belle prestance et d’une faconde tout aussi prestigieuse
qui fascinaient tous ceux qui l’approchaient. Ses interventions à la radio offrent à l’appréciation des auditeurs une voix imposante qui proposait à l’époque d’élever le niveau du débat. Quand à la télévision, ses prestations sont un enchantement pour l’ouïe : Les deux sens qui donnent subitement accès à l’exploration des qualités profondes de l’homme.
Détaché des contingences purement matérielles, René Théodore faisait figure de modéré dans cette animalerie où tous les coups étaient permis et portés. Sa force de persuasion faisait aussi sa différence avec les autres leaders connus dont la réputation très souvent surfaite se buttait constamment à une méconnaissance totale de la réalité haïtienne. L’homme séduisait et allait chercher des sympathies et des supports même chez ses ennemis les plus irréductibles. Rompant avec l’image qu’on se fait ordinairement des leaders de la gauche ou de l’extrême gauche, une image d’Epinal peu rassurante avec des zones d’ombre et des flous aux encoignures, Théodore joignait une certaine élégance morale à la rigueur dogmatique, caractéristique des doctrinaires du communisme international. Jamais pris à défaut, jamais une note discordante dans l’octave. On s’étonne aujourd’hui que dans la foulée des tractations de
Governor’s Island, les militaires n’aient pas accepté le choix de René Théodore comme Premier Ministre Pressenti d’Aristide. Il aurait été intéressant d’observer une éventuelle confrontation entre ce leader madré et le cabotin chanceux qui continue à se donner en spectacle au Palais national. Nul doute que les résultats de l’analyse auraient été à l’avantage de Théodore. Quoi qu’il en soit, ce sont toujours les meilleurs, les plus dévoués, les plus solidaires, et les plus compétents qui s’en vont. Il faut croire que la politique haïtienne, en même temps qu’un éteignoir de moralité est aussi une tueuse de compétence et surtout une mangeuse d’hommes. Mais tant qu’il restera dans le ciel de ce pays quelques étoiles de Bethléem pour conduire à bon port des « Mages choisis sur la base de leurs qualités morales et de leurs vertus citoyennes, les étables et les grabats des petits christ abandonnés seront
protégés aussi bien des intempéries que de la hargne sanguinaire des Hérode en coudiailles».
Il va sans dire que ce leader qui épuise aujourd’hui tous ses pairs dans une cascade d’hommages sincères ou hypocrites rendus à sa dépouille, se préparait à mener la plus grande bataille de sa vie. Le poids des traditions méprisables se fait encore sentir dans la vie politique haïtienne. Des politiciens sans dimension, sous l’instigation du Chef de l’exécutif s’autorisent à toucher, que dis-je à profaner la Constitution de 1987 pour l’ajuster aux desseins de la formation politique au pouvoir. Mais au lieu d’en faire un corset ou un justaucorps propre à masquer les débordements biologico politiques d’un chef d’état instable, ils vont finir par leur stupidité et leur obstination par lui tresser une corde de chanvre au bout de laquelle sont ordinairement pendus les criminels de bas étage avec toute leur charge d’indignité et toute leur cargaison de turpitudes.
Ainsi, à la suite d’un ramassis de dirigeants inconséquents qui assautent le pouvoir politique par la force, les magouilles ou les compromissions de l’histoire nationale, « Fanmi Lavalas »revendique à son tour son droit au « psittacisme maniaco-dépressif politique. » Se prenant pour Dieu le Père après avoir été le prophète en exercice de cette nation en agonie permanente, Aristide se propose à présent de toucher « à l’œuvre tabou de la population haïtienne .»En effet, en 1987, ce peuple à la suite de son accouchement douloureux et laborieux d’une Charte qui devait une fois pour toute, régir les relations tant individuelles que collectives, chantait à tue-tête dans les rues de Port-au-Prince, avec un mélange de satisfaction et une ferme mise en garde : « Si yon nom m senti gason vin n change konstitisyion sa a. »
Aujourd’hui, l’assemblée des législateurs contestables et contestés est prête à faire le grand saut, ne serait-ce que pour faire un grand pied de nez à l’infantilisme d’une population habituée au phénomène de zombification. Dans quelque mois, le Chef de l’exécutif se permettra un prolongement de mandat en attendant de déclarer ubi et orbi qu’il compte se sacrifier et se consacrer pour la vie à cette fonction que le peuple lui confie. Et voilà, le tour est joué. La génération actuelle a trop reçu de baffes de l’étranger et des siens. Elle est devenue amorphe, amnésique, cataleptique. Il n’est donc plus étonnant que les constitutions se fassent violer à tour de rôle et de bras par les constitutionalistes eux-mêmes. D’ailleurs, ces derniers semblent trop aimer leur créature pour la laisser violer par d’autres.
Pour mettre fin au crime et à l’inceste, il appartient à la jeunesse brave et généreuse de se propulser sur la scène politique pour botter le cul à ces voleurs de destins qui, en fin de compte ne rencontrent aucune des exigences du 21èmesiècle.
Jean L Théagène
Président UNDH
Miami, Florida
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