Plus ça change, plus c’est pareil
Henri J. Piquion
Février 2014
Il y a un peu plus de trente ans le pape Jean Paul II s’est arrêté quelques heures dans notre pays au cours de sa tournée en Amérique centrale. De tout ce qu’il a dit au cours de cette courte visite les Haïtiens n’ont retenu que cette déclaration : « Il faut que quelque chose change dans ce pays! » Cette phrase a autorisé les uns à espérer la chute miraculeuse rapide de la dictature des Duvalier et l’avènement de la démocratie. D’autres se sont sentis encouragés à poursuivre leurs activités d’opposition persuadés que le discours du Pape allait accélérer le processus du changement longtemps attendu dont personne désormais ne doutait plus.
À l’occasion de ce voyage, André Bellamy, Pierre Simon et moi-même avons préparé un dossier en trois parties : Une présentation de la « théologie de la libération » dont les thèmes résonnaient à travers toute l’Amérique latine, une analyse des discours politico-théologiques prononcés par le Pape au cours de ses nombreux voyages et une radiographie de l’Église haïtienne en pleine mutation. Ce dossier a paru dans le numéro 21 de la revue Collectif Paroles.
J’envoyai quelques exemplaires de la revue au Saint-Père accompagnés d’une lettre dans laquelle je lui demandai de ne pas oublier les milliers d’Haïtiens expatriés dont un grand nombre ne pouvaient retourner dans leur pays sans mettre leurs vies en danger. Cette lettre et le dossier ont été bien reçus et lus au Vatican, possiblement par le Pape lui-même. C’est d’ailleurs sur instruction du Saint-Siège que le Pro-Nonce Apostolique, représentant du Pape au Canada, m’a adressé une lettre que je rends publique aujourd’hui, près de trente-et-un ans après l’avoir reçue.
Au cours des trente-et-une dernières années je l’ai gardée secrète parce que je ne voulais pas utiliser « la lettre du Pape » pour faire du capital politique. Mais la raison la plus importante de ma discrétion est la suivante : Au bout de combien d’années peut-on se demander si quelque chose a changé dans un pays comme Haïti rongé par la misère, la dictature et la dépendance?
10 ans? En 1993 Haïti essayait de survivre aux agressions d’un embargo imposé par Bill Clinton à la demande de Jean-Bertrand Aristide. Le pays vivait alors le pire du même. Quelque chose pourtant aurait pu changer au cours de cette décennie. Malgré la«bamboche démocratique »,les grèves « manch long »,le « raché manyòk »,« le père Lebrun » et tous les errements du soi-disant « secteur démocratique », il a vécu pendant quatre mois une expérience qui l’a fait rêver qu’un avenir de grandeur était possible. En dépit du calcul politicien qui s’est présenté à l’origine de cette expérience comme une « percée louverturienne », pendant quatre mois les Haïtiens ont vécu dans la fierté et l’espoir d’un vrai changement avant que la tradition caporaliste ne soit venue bousculer la lumière pour préparer l’arrivée de Jean-Bertrand Aristide. Nous avions régressé!
Au cours de ces dix années, 1983 – 1993, la plus grande déception n’a pas été l’échec d’Aristide dont personne n’attendait quoi que ce soit. C’est plutôt celui du gouvernement d’Honorat dont on pouvait tout attendre. Au lieu d’organiser des élections dans la fourchette des 45 – 90 jours prévue dans la Constitution, élections qui auraient vraisemblablement verrouillé la présidence pendant 5 ans, il a préféré garder le pouvoir et en même temps barrer la route à Bazin, ce qui à terme lui a fait tout perdre même les apparences d’un pouvoir creux. Ce calcul à courte vue a transformé le rejet populaire de la dictature populacière du Père Lebrun en un vulgaire coup d’état sans projet social, sans ambition économique, sans vision politique, sans imagination culturelle, sans courage patriotique, un vulgaire coup d’état qui a systématiquement privé la pays des maigres ressources que lui avait laissées l’embargo en substituant les franchises et la contrebande aux exigences fiscales courantes. L’échec d’Honorat a été celui du pays. En plus de le ruiner il a surtout ouvert la voie au retour d’Aristide. Vraiment, rien n’avait changé!
20 ans? En 2003 on pouvait espérer que la révolte des jeunes qui durait depuis novembre 2002 allait définitivement libérer le pays d’Aristide et de ses chimères. La répression que celui-ci exerce contre la population, notamment les étudiants qui avaient lancé l’opération « G... nan B... »lui a permis de tenir jusqu’en février 2004 et a donné le prétexte à une intervention franco-étatsunienne qui a reçu sa démission et organisé son départ du pays. Rien donc n’avait changé si ce n’est que la violence était devenue quotidienne et banale et la misère plus insupportable. Si ce n’est aussi que depuis 1994 le pays avait perdu même toute apparence de souveraineté, ce que, à la suite d’Aristide, Gérard Latortue allait officialiser en cédant toute la capacité décisionnelle du pays aux puissances occupantes!
Pourtant, quelque chose pouvait changer. Deux mois avant la chute appréhendée d’Aristide des politiciens regroupés dans la « Plateforme de la société civile et des partis politiques de l’opposition » ont signé une « résolution » intitulée « Alternative de transition » que personne, dont certains des signataires, n’a trouvée acceptable, voire applicable. Alors qu’Aristide était encore au pouvoir ceux qui aspiraient à lui succéder se disputaient sur le partage des dépouilles qu’ils ne faisaient rien pour avoir car seuls les jeunes menaient une opposition active. C’était à qui reviendrait tel ministère, à qui tel autre; qui serait le Chef de l’état et quelles seraient ses prérogatives. Pendant que ce débat avait lieu les chimères accentuaient la répression et les chancelleries étrangères se contredisaient à voix haute sur le caractère démocratique ou non du gouvernement à qui elles demandaient de négocier avec l’opposition avant que la révolte ne devienne révolution. Même les pays membres de la CARICOM, et jusqu’à la minuscule Ste-Lucie, sont intervenus dans le débat pour donner des leçons de démocratie et de civilisation à la malheureuse Haïti. Pour mettre fin à la cacophonie et donner suite à la demande du Pape que « quelque chose change dans le pays », d’abord dans la mentalité des élites dirigeantes, une proposition est adressée de Montréal à l’ensemble des politiciens de l’intérieur, tous candidats à la présidence. Cette proposition, appelée plus tard par Leslie Manigat « la proposition Piquion », peut se résumer comme suit :
1. Les politiciens renoncent à leurs ambitions présidentielles pour une période de 2 à 3 ans.
2.- Ils confient la présidence provisoire du pays au professeur Leslie F. Manigat, ancien Président de la République. Celui-ci devra s’occuper de dossiers politiques, sociaux et économiques précis.
3.- À l’expiration de la période de transition le gouvernement organise des élections auxquelles Manigat ne peut se porter candidat.
La proposition faisait déjà l’objet de débats quand le chef de l’un des partis politiques impliqués décide contre toute attente d’écrire à la CARICOM dans l’espoir d’être retenu pour la présidence provisoire à la chute d’Aristide! 1983 – 2003. À l’évidence rien n’avait changé. Il était donc trop tôt pour rendre publique « la lettre du Pape. »
30 ans? Ce laps de temps est certainement important dans la vie d’un individu, mais insignifiant comme temps historique. En 30 ans on accumule des anecdotes, des événements dont le fil unificateur sera l’objet de l’analyse historique. Il n’y a donc pas d’historiens sans journalistes, historiographes, conteurs et autres mémorialistes et témoins. Autant dire que l’histoire se nourrit de la politique qui s’en inspirera par la suite pour organiser la société. Un bilan de 30 ans est par conséquent plus pédagogique qu’historique. Faisons-le quand même :
Ce qui devait changer n’est pas apparu en un jour. 1983 en a hérité de son passé récent. Jean-Claude Duvalier n’a fait que continuer la destruction du pays inaugurée par François Duvalier qui n’a pas l’excuse de l’ignorance et de l’inconscience de son fils. Ce qui devait changer, selon le vœu du Pape, remonte à 1957, année de la mise en place des bases de la dictature :
De la chute du président Joseph Nemours Pierre-Louis en février à l’élection de François Duvalier le 22 septembre une série d’événements ont déroulé le tapis rouge à la dictature à venir :
Le coup d’état politique contre le gouvernement constitutionnel de Joseph Nemours Pierre-Louis; l’avènement et la chute de Franck Sylvain; l’avènement et la chute du gouvernement de coalition dit « Collège croupion »;la quasi guerre civile entre des unités de l’armée le 25 mai; l’avènement et la chute de Daniel Fignolé et finalement la prise du pouvoir par l’armée du général Kébreau. 1957 qui a servi de frontière entre la décennie Estimé-Magloire, l’âge d’or du deuxième centenaire de la nation et le plus que demi-siècle qui a suivi jusqu’à aujourd’hui est une année dont on ne peut que constater l’unité malgré la diversité des nombreux acteurs qui l’ont façonnée.
1957 – 1983. Ce plus de quart de siècle représente la période de l’histoire d’Haïti la plus documentée, étudiée, critiquée. Elle n’est pas nécessairement la plus connue car chaque intervenant parlait à partir et à propos de son expérience personnelle qui était soit celle d’une victime, soit celle d’un bénéficiaire et complice. Les uns et les autres s’entendent toutefois pour résumer le gouvernement des Duvalier –qui dure encore et qui s’est même renforcé avec Aristide- dans les caractéristiques suivantes : arrestations arbitraires, assassinats, décadence morale, dépendance et mendicité internationale, destruction systématique des infrastructures laissées par les gouvernements précédents, détournements des fonds publics, emprisonnement, exil, exécution, enrégimentement des écoles et des facultés, fiscalité déficiente, gabegie administrative, incompétence, intolérance idéologique, macoutisation de la fonction publique, des églises, de la justice et de l’armée, népotisme, sujétion de la presse, utilisation démagogique de la misère du pays, vente de paysans à des compagnies sucrières de la république dominicaine.
On pourra donc dire que le Pape a été compris et que quelque chose a changé dans le pays seulement … :
…quand tous les enfants d’âge scolaire, de la ville comme de la campagne, de parents riches comme de parents pauvres, en santé comme handicapés, seront assurés d’être scolarisés dans des écoles non« borlettes » sous la supervision de l’état haïtien.
…quand les jeunes qui s’orientent tôt vers le marché du travail recevront une formation technique et professionnelle correspondant aux besoins de développement du pays et à leurs capacités intellectuelles.
…quand les handicapés physiques, mentaux, intellectuels ou autrement bénéficieront de tous les soins offerts au reste de la population et surtout des égards réservés à toute personne humaine.
…quand les dirigeants politiques et les fonctionnaires publics se signaleront par leur compétence et leur imputabilité. Quand leur intégrité sera reconnue et qu’ils ne se rendront plus coupables de détournements des fonds et des biens de la république. Quand ils comprendront qu’ils sont à leurs fonctions par la grâce de la nation, c’est-à-dire de tous les citoyens du pays à qui ils doivent indistinctement respect et déférence. Quand ils comprendront que le pouvoir ne doit pas être une fin en soi mais un moyen pour servir le pays et le faire progresser
…quand les politiciens arrêteront de s’approprier les revendications légitimes des masses et de les détourner dans des discours populistes au service de la dictature.
…quand la répression ne sera plus le seul langage par lequel l’état communique avec la grande majorité des citoyens alors que ceux-ci expriment leurs désaccords avec les orientations politiques, économiques ou sociales des gouvernements.
…quand la police et les policiers auront compris que la force qui leur est déléguée ne leur donne nullement le droit de torturer ni même de frapper les individus dont ils ont la garde parce qu’ils sont accusés d’avoir enfreint les lois ou même après avoir été trouvés coupables d’une quelconque infraction.
…quand les chefs de l’état –qu’ils en portent le titre légitimement ou non- ainsi que leurs proches ne s’en prendront pas aux juges d‘instruction qui enquêtent sur les agissements de présumés malfaiteurs jusqu’à les faire assassiner.
…quand les membres des gouvernements haïtiens ne chercheront plus à s’enrichir en vendant les paysans comme esclaves à des pays et des compagnies néo-esclavagistes qui affirment par leurs actions quotidiennes ne reconnaître aux Haïtiens aucun droit à l’humanité.
…quand l’insécurité causée par toutes les formes de violence –menaces, enlèvements, assassinats, vols, viols- ne conditionnera pas l’ambiance dans laquelle on vit dans le pays.
…quand le pays aura récupéré la totalité de sa souveraineté progressivement abandonnée aux ONGs, aux pays dits « amis » et aux organisations internationales dont la tutelle néocoloniale entretient et augmente la misère nationale conséquence plus que cause de leur présence chez nous.
…quand le pays ne vivra plus de la charité internationale aujourd’hui nécessaire non parce qu’il est incapable de satisfaire les besoins de ses enfants, mais parce qu’il est mal géré par des dictateurs et leurs complices nationaux et parce que la dépendance est alimentée par leurs complices de l’extérieur.
…quand la société haïtienne se sera donné un état, des gouvernements et des institutions capables de défendre les citoyens haïtiens humiliés, assassinés, volés, violés aux frontières du pays et même à l’intérieur du territoire national.
…quand le pays aura une armée nationale, non pas une armée-police, mais une armée dont la tâche première sera la protection du territoire à l’intérieur de ses frontières, c’est-à-dire une armée qui participe au maintien de la souveraineté nationale; une armée en mesure d’assurer la sécurité et la protection des citoyens du pays en cas de menaces venues de l’extérieur; une armée toujours prête à intervenir en cas de catastrophes naturelles; une armée qui fait bénéficier le pays de sa discipline et de son expertise dans le travail courant de développement et de protection de l’environnement, une armée dont l’existence même induira une sage inhibition chez ceux qui depuis 1937 considèrent certains Haïtiens comme assassinables à merci.
…quand tous les Haïtiens recevront au besoin les soins médicaux que requiert leur état de santé, c’est-à-dire quand les cliniques de premiers soins seront à des distances raisonnables des lieux habités et que le transport vers des centres plus équipés sera organisé avec méthode dans l’intérêt des malades.
…quand les Haïtiens de tous les âges, de toutes les conditions de fortune et de toutes les conditions de santé physique et mentale seront également respectés et protégés.
…quand les libertés fondamentales seront respectées par l’état dont on attend même qu.il encourage leur expression : Liberté d’opinion et de convictions politiques; liberté de la presse, celle de transmettre et de recevoir des informations vraies sur ce qui concerne le destin de la nation; liberté d’entreprendre et de bénéficier du fruit de ses investissements; liberté de conscience et de religion à ne pas confondre avec le fondamentalisme et le fanatisme tueurs de religions, à ne pas confondre non plus avec des activités d’espionnage par de faux pasteurs au détriment des intérêts de la nation
…quand les richesses du sous-sol –il y en a—seront exploitées au profit du pays dans le respect de son environnement et de ses lois fiscales.
…quand le carnaval aura repris la place qui lui revient d’être un moment de détente, d’expression morale, culturelle et artistique et de rassemblement de citoyens de différentes origines sociales, économiques, politiques plutôt que d’être un cache-misère, un distributeur automatique d’alcool, de drogue et de sexe.
…quand le travail sera redevenu le lieu géométrique de la moralité économique.
… quand nous aurons compris que la grandeur d’une nation ne réside que dans le respect de ses citoyens pour ses institutions, et pour les personnalités qui les incarnent ou qui en sont responsables; dans la haute opinion que la moralité et la sagesse de ses citoyens auront imposée aux voisins critiques, aux observateurs sceptiques et aux autres habitants de la planète des hommes; quand la solidarité, fondement de l’humanité, sera devenue la référence dans les rapports tant privés que publics entre les citoyens afin que la richesse nationale, qu’elle soit culturelle ou matérielle, soit partagée équitablement entre tous sans que les ròch nan dlo d’aujourd’hui n’aient à expérimenter les souffrances plus que deux fois séculaires des ròch nan solèy. La grandeur d’une nation réside dans l’attachement de ses citoyens à son endroit. Il n’y a pas de grand pays qui ne soit aimé de ses enfants. Nous étions presque devenus une grande nation mais dès 1957 nous avons substitué la peur au respect, la violence à l’autorité et l’arbitraire à la loi.
Cependant, si l’on en croit les plus optimistes quelque chose a changé dans le pays depuis l’élévation de Monseigneur Chibly Langlois Évêque des Cayes au rang de cardinal. Changement certes, mais en quel lieu? La nomination de Monseigneur Langlois se situe dans l’ordre normal des choses et aurait dû se faire il y a longtemps déjà.
C’est en 1860, c’est-à-dire il y aura bientôt 174 ans qu’Haïti et le Saint-Siège ont signé un Concordat qui fait de la religion catholique une religion d’état et qui fait automatiquement de tous les ministres de cette religion, quels que soient leur grade et leur fonction, des fonctionnaires de la République. Il a fallu malgré tout attendre plus de 100 ans pour que le gouvernement d’Haïti pût obtenir, à la suite de difficiles négociations, que des prêtres haïtiens soient nommés Évêques de certains diocèses. Il a fallu attendre près de 30 ans de plus pour que l’un d’eux soit promu Archevêque. Combien de pays culturellement, politiquement et religieusement protestants n’ont eu ni à attendre ni à négocier leur participation aux instances décisionnelles de l’Église catholique. L’Allemagne luthérienne, berceau de la Réforme a même eu son Pape pendant que la petite Haïti dont chaque village est dédié à un saint attendait son premier cardinal.
S’il y a eu changement, c’est bien à Rome qu’il s’est produit avec l’arrivée du Pape François qui s’est spontanément souvenu, sans qu’on ait eu à lui en faire le reproche[i], que dans notre tiers d’île il y a des hommes et des femmes qui attendent de l’Église catholique qu’elle soit la mère qu’elle a promis d’être en 1860 plutôt que la nourrice du père Lebrun. Des hommes et des femmes las d’attendre la mort pour enfin commencer à vivre. Ils demandent à être débarrassés de leur misère généralisée encadrée par la dictature multiforme et permanente des macoutes et des chimères. Ils demandent à l’Église, et notamment au Pape François et au Cardinal Langlois, de contribuer autant à leur bien-être terrestre qu’à leur salut éternel.
Il nous faut constater que 31ans après la visite du Pape Jean-Paul II rien de ce qui bloque l’avancement du pays depuis 57 ans n’y a changé de façon satisfaisante. Au contraire, la bouffonnerie associée à l’immoralité se sont mêlées au tragique comme si la misère ne suffit pas. Mais je ne pouvais plus attendre avant de remettre aux Haïtiens cette lettre qui leur appartient.
[i] [i] On sait dans les milieux informés de l’Église catholique d’Haïti qu’il n’a jamais été dans les plans du Pape Jean-Paul II qu’il se rende en Haïti. Alors qu’il se trouvait en République dominicaine en janvier 1979 il s’est adressé à Monseigneur Ligondé pour lui demander des nouvelles du peuple haïtien. Sans hésiter, Monseigneur Ligondé lui répond à peu près ceci : « Saint-Père, demandez-moi comment je vais, je pourrai vous répondre. Mais ne me demandez pas comment va le peuple haïtien pour lequel vous n’avez aucune considération, aucune amitié, car vous êtes ici, à quelques kilomètres d’Haïti et vous n’avez même pas pensé à y aller. » Après quelques instants de réflexion le pape lui dit : « Monseigneur, préparez mon voyage en Haïti et faites-moi savoir quand je pourrai y aller. »
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