Par
Jean L. Théagène.
Dans les temps qui viennent, le courage sera
nécessaire. Seules,
il permettra de vaincre, des décisions utiles autant qu'impopulaires.
John F. Kennedy.
M. Sanjay Gupta et
Anderson Cooper dans
leur innovation d'une nouvelle forme dejournalisme à sensations, viennent de mettre à nu
les Rois d'Haïti. Soit dit
en passant qu'un journaliste du
terroir aurait tenté une telle approche, il se verrait vite
taxer « d'incitations à la révolte, peine prévue et punie par le Code
Pénal Haïtien.
A
la face du monde ces journalistes de CNN, sur le petit écran viennent au-delà
de la magie du verbe et des
images projeter un rayon de lumière sur la misère humaine des victimes de
l'histoire le 12 Janvier 2010. Après
avoir suivi l'émission d'un bout à l'autre et
d'une traite plusieurs sentiments s'entrechoquent en moi. Une espèce de perpétuation de ma brûlure interne pour cette
terre que j'aime du plus profond de mon âme me fait penser à ces
vers : « Lorsque Dieu m'eut jeté dans le sein de ma
mère. Pourquoi
la mort, jalouse est si prompte au devoir n'accourut-elle pas à
m'enlever ». A tout
le moins, cela m'aurait délivré de cette compagnie sur laquelle prévaut le
paisible néant. Du même
coup, dans un élan de scolastique, je crois entendre mon père me dire tout bas
à l'oreille : Je ne t'ai jamais connu défaitiste. Battant, que
tu as toujours été, tu n'as pas le droit de te dérober à l'âpreté d'un combat
qui t'interpelle dans ce que tu as de plus cher au monde « ta
patrie ».
De
victimes en oubliés, la communauté internationale a fait d'Haïti, le dindon
d'une farce, méconnaissant que les cataclysmes sont l'œuvre de Dieu pour
rappeler aux hommes la fragilité de l'existence humaine. Cet « Act
of God « nivelle
toutes les têtes couronnées, tous
les hommes et femmes du monde en les rendant démunis face à l'adversité et
surtout égaux devant la mort. La seule leçon que mon pays puisse en tirer,
c'est que si haute que soit la montagne, on y trouve toujours un sentier car,
il n'y a qu'Haïti à sauver
Haïti . Ainsi donc, les femmes et la jeunesse haïtiennes
demeurent les nouveaux garants de la reconstruction et du développement de ce
pays. En tant que citoyens
à part entière d'une société affligée d'un
déficit chronique d'hommes valables et honnêtes, cette portion non encore
contaminée de la Nation doit intégrer le plus tôt que possible un mouvement
d'amélioration des
conditions d'existence de leurs frères et sœurs haïtiens.
Tel
n'est pas le cas des responsables politiques haïtiens et tous ceux qui
gravitent autour du pouvoir central. Autant les leaders politiques et le peuple
majoritairement et innocemment ignorant(sans que ce soit de sa faute), presque tout le monde accepte sans mot
dire de subir les contrecoups du délire fantasmatique de dirigeants
auto-déphasés sinon totalement ignares. Des analphabètes fonctionnels ont pris
d'assaut les avenues du pouvoir sans savoir où ils vont et surtout où ils
emmènent leurs concitoyens. Ils conduisent le pays vers sa plus simple expression,
c'est -à-dire vers un destin de non-être infirmant par ainsi la thèse qui a
toujours voulu qu'un pays ne meure jamais. Dans le cas d'Haïti, l'agonie semble
perdurer au-delà de toute logique pour certains et de tout gros bon sens pour
les autres. Et ce n'est pas avec les récents soubresauts de la réalité politique que nous a dépeint,
angoissés et traumatisés Cooper et Gupta, qu'on est en train de prévoir ou
d'espérer, de ces humanoïdes qui prétendent nous gouverner, une amélioration
dans cet environnement cataclysmique qui fait dire à ceux qui nous
regardent : »C'est quoi ce pays de malades et de
valétudinaires qui refusent de prendre conscience de leur état ? »
En
effet, »d'ensauvagement macoute » en « violence
chimérique »,de corruption politique en immoralité infra-humaine ,de crime
en trahison ,d'ignorance de mauvaise foi en non-savoir crasseux, le spectre
donné par notre pays durant ce demi-siècle est loin de rassurer les haïtiens de
l'intérieur comme ceux de l'extérieur toujours en quête d'un Messie qu'il
croyait trouver sur « l'autoroute de Damas » à mille lieues d'un
morceau d'île perdue dans l'Océan Atlantique. En 1971, il leur a été imposé un
candide qui, bon an mal an, a su assurer à son pays la stabilité sociale , économique
et politique. En 1991, ils ont contre
toute attente, choisi un monstre en soutane et chasuble qui, dans ses transes
lucifériennes leur tenait un langage mielleux en attendant de leur servir la
coupe de fiel qu'ils allaient être obligés de boire jusqu'à la lie. Et l'on
croyait atteindre le fond du baril en 2004. Mais c'était sans compter avec les
rebondissements, les retournements, et autres astuces des Lucifériens qui
s'étaient donnés pour mission d'anéantir le monument érigé, deux siècles plus
tôt, avec les matériaux supérieurs
d'une race d'intraitables et d'incorruptibles. A voir ce qui se passe
aujourd'hui dans nos annales, au royaume des corrompus-corrupteurs, nous nous
sentons en proie à la
nostalgie de nos grands
hommes de l'histoire dont la mémoire sociale retient encore les noms .Des
hommes à la stature verticale, plus grands que nature, animés de l'unique désir
de concocter en faveur de leurs concitoyens, un environnement sain, sans
servitude, disons-le, un pays souverain.
Environnement
sans servitude, pays souverain : le mot est lâché . La patrie haïtienne,
si encore elle existe, se trouve aujourd'hui à la merci de satrapes inhumains
et de vendeurs, que dis-je : de liquidateurs inconscients qui
applaudissent les envahisseurs et les occupants pour un dollar de plus . Tout
en sachant et surtout parce qu'ils savent
qu'un jour pas trop lointain, ils devront suivre le chemin de ces
occupants lorsque sonnera
l'heure du retour a la maison, ils adoptent vis-à-vis de ces derniers
cette posture reptilienne qui répugne autant aux lâches qui l'imposent à de
plus faibles qu'aux badauds internationaux qui s'en amusent
éhontément. Désormais, dans la foulée de quelques rares haïtiens chez qui
il reste un peu de dignité, il appartient à ce peuple plutôt volatile dans ses
convictions de foutre le pied au cul de ces lèche-culs qui ont fait le serment
de faire disparaitre Haiti du tableau d'honneur des nations dont la taille n'a rien à voir avec
les dimensions de l'histoire. Car, s'il faut parodier Camus, disons que « la grandeur d'un peuple est
dans sa décision d'être plus fort que sa condition »
Malheureusement,
comme le soutient Pierre –Viturnien
Vergniaud, il est des hommes à la fois hypocrites et féroces qui ne se
montrent que dans les calamités publiques comme il est des insectes malfaisants
que la terre ne produit que dans les orages. Ces hommes répandent sans cesse
les soupçons, les méfiances, les jalousies, les haines, les vengeances ;
ils sont avides de sang ; dans leurs propos séditieux, ils aristocratisent la vertu même pour acquérir le droit de la
fouler aux pieds ; ils démocratisent le crime et le vol pour pouvoir se
rassasier, sans avoir à redouter le glaive de la justice.
Ces Etres oublient trop
souvent que « depuis l'Evangile jusqu'au Contrat social » ce ne sont
pas les armes mais bien les livres qui font les révolutions. Et quand on ne
sait pas lire, il devient impossible d'être à l'origine de la moindre promotion
sociale.
Miami le 15 Juillet
2010.
Jean
L.Théagène
Président
de l'Union Nationale
Des
Démocrates Haïtiens.
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