« Refonder Haïti »
Les analphabètes du vingt et unième siècle ne seront pas ceux qui ne peuvent lire ou écrire mais ceux qui ne peuvent apprendre, désapprendre et réapprendre. « Alvin Tofler »
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Les analphabètes du vingt et unième siècle ne seront pas ceux qui ne peuvent lire ou écrire mais ceux qui ne peuvent apprendre, désapprendre et réapprendre. « Alvin Tofler »
Le
constat est fait depuis déjà belle lurette. Aucun parti politique, aucun
secteur de la société ne saurait à lui seul, se colleter et résoudre en tout ou
en partie, la problématique haïtienne d’aujourd’hui, complexe et multidimensionnelle.
Ce que
nous vivons depuis les quatre dernières décennies n’est que la résultante de la
dictature trentenaire dont les séquelles peuvent conduire à l’anéantissement de
la nation, si rien n’est entrepris dans les plus brefs délais pour arrêter
cette descente aux enfers atroce et déshumanisante.
La
vassalisation de l’administration publique en particulier, le pouvoir
judiciaire, le parlement réduit à une chambre des députés – pour assis, contre
debout – selon la malice populaire, les FADH, La DGI, les Douanes, la Cour des
Comptes et du Contentieux Administratif, les persécutions systématiques causant la
fuite des cerveaux et la paix du cimetière, au vu et au su de l’Occident
chrétien, faisant semblant hier comme aujourd’hui de se soucier du sort de la
première république nègre du continent.
Pas
étonnant alors qu’après toutes ces décennies d’obscurantisme et de nivellement
par le bas, les valeurs cardinales qui font la différence entre l’homme et la bête, se soient
volatilisées comme par magie, laissant plusieurs générations sans le moindre
repère ni référence.
Le développement étant d’abord humain,
il s’avère évident que toute velléité ou tentative de progrès passe par les
créneaux culturels d’une société, en conséquence, le principal vecteur de
développement et de progrès demeure l’homme lui-même qui façonnera son
environnement à son image.
Dans le cas d’Haïti, il importe de
revoir la facture de l’homme haïtien « les femmes comprises évidemment » à
partir d’une éducation appropriée, qui tienne compte de la réalité et des
potentialités propres à cette nation du quart monde, la plus pauvre et la plus
corrompue, selon les rapports de tous les organismes nationaux et
internationaux et ce depuis la dictature trentenaire, féroce et déshumanisante.
La dégradation de nos valeurs et de nos
institutions ne s’est pas réalisée sans l’aval et la complicité de nos élites
dirigeantes et aujourd’hui nous recevons comme un camouflet la boutade moqueuse
et cynique de l’ex-dictateur, lequel avec un calme apparent, comparaissant par
devers son juge naturel a osé demander à l’ensemble des dirigeants actuels :
« Qu’avez-vous fait de mon pays? »
Rendez-moi fol ou sage, a-t-il tout à
fait tort? A observer de près le tableau désolant que représente notre
lamentable situation, aggravée par le terrible tremblement de terre du douze
janvier deux mille dix, à bien considérer l’attitude de tous et chacun dans ces
moments cruciaux et particulièrement depuis ces trois dernières années,
n’est-il pas habilité à prétendre que le fossé qu’il avait dû
fuir en février mil neuf cent quatre-vingt six, au lieu d’être plus ou moins
comblé, s’est davantage approfondi à cause de l’incurie de ses successeurs? Ces
derniers ont poursuivi dans la même voie jusqu’à friser le point de non retour.
Le séisme du douze janvier deux mille
dix a eu la particularité de révéler toute la dimension et la laideur de cette
situation que la communauté internationale avec la complicité de nos élites
dirigeantes s’évertuaient à masquer autant que faire se peut.
« Le peuple haïtien a été
tellement trompé, trahi, maltraité, et vilipendé, qu’il a atteint le stade de
la déshumanisation ». Telle était la conclusion d’une conférence prononcée
par un sociologue à l’Université du Québec à Montréal en l’année deux mille
six.
Il y a donc loin de la coupe aux
lèvres, s’agissant de reconstruire cette jeune nation qui n’a connu que misère
et désolation depuis son avènement à l’indépendance et qui affiche tous les
signes de la décrépitude et de la misère sous toutes ses formes.
Certains observateurs avertis, se
référant aux Haïtiens, parlent d’êtres désenchantés, résignés, zombifiés,
espérant même sans espoir en des lendemains meilleurs. Quant aux élites, elles
sont qualifiées de répugnantes « most repugnant élite » disait le diplomate
étranger, abandonnant toute sa réserve professionnelle.
L’âme haïtienne semble s’être
volatilisée dans une espèce de nébuleuse
inaccessible ou presque, au point que plusieurs de nos concitoyens désabusés et
le cœur déchiré n’hésitent pas à affirmer qu’il n’y a plus rien à faire.
Nombreux toutefois sont ceux qui
voudraient pouvoir contribuer, de manière aussi modeste que ce soit, à rebâtir
leur pays d’origine et qui ne savent pas comment s’y prendre. D’autres encore,
ne perçoivent de changement qu’en singeant les modèles étrangers, sans tenir
compte des spécificités haïtiennes; et c’est le cas de plusieurs de nos « universitaires ». Il existe évidemment
toute une kyrielle d’énergumènes, opportunistes sans foi ni loi, qui profitent
largement des souffrances inhumaines de ces millions de sinistrés en aménageant
ce qu’il est convenu d’appeler « l’industrie de la misère ».
« Le développement d’Haïti passe par
l’éducation ». Certes oui, mais à condition de créer des emplois afin que nos
diplômés n’aient plus à s’expatrier afin de gagner décemment leur vie en terre
étrangère. Ainsi, ces derniers auront le loisir de contribuer activement au
développement du pays qui les a vus grandir.
La politique est l’art d’embellir la
cité, elle est également rapport de force, compte tenu de la nature humaine
partout sur la planète. La démocratie, disait Winston Churchill, est le pire
des régimes à l’exception de tous les autres! Depuis la nuit des temps
l’organisation d’une société n’a jamais été chose facile, encore moins celle
des théoriciens au verbe tonitruant ronflant et creux.
Les sciences juridiques nous enseignent
que l’accessoire suit le principal. Cette logique ne trouve pas son application
qu’en droit, elle revêt un caractère universel et se justifie donc dans toutes
les sphères d’activités humaines. Il en est de même en médecine, s’attaquer à
la fièvre ou aux démangeaisons qui ne sont que des symptômes sans en rechercher
la ou les causes, prédispose le patient à contempler à son insu l’immensité de
l’au-delà.
Idem, dans le cas d’une société malade
comme la nôtre, le mal n’est certes pas incurable, encore faut-il vouloir et
être en mesure d’en identifier les causes lointaines et immédiates.
Commençons donc par bannir la langue de
bois dans nos échanges entre nous-mêmes. Comment peut-on parler de démocratie,
d’État de droit, du respect des droits et libertés, dans un pays où le taux de
chômage avoisine les soixante-dix (70) % pour cent. Soyons honnêtes et parlons
de difficile et long apprentissage qui requiert la participation active de tous
et chacun d’entre nous.
Nous devrons nous atteler à nous
débarrasser de cette acculturation qui fait de nous des moutons de Panurge qui
se complaisent dans leur abattoir. En prendre conscience ne serait pas un
mauvais début afin de dispenser une éducation que soutiendrait un substrat
idéologique susceptible de former le nouvel homme haïtien qui réalisera cette
révolution culturelle que nous appelons : refondation.
La preuve par quatre est faite depuis
belle lurette que l’aide internationale n’a pas et ne peut pas apporté les
résultats escomptés et les observateurs ont déjà conclu à un gaspillage
d’argent, de temps et qui pis est, de vies humaines.
Des dissertations à n’en plus finir, on
en a bavé. L’heure est à l’action concertée, intelligente, efficace et
efficiente.
Nous faisons face à un certain nombre
de priorités, c’est l’évidence même et s’il est vrai que l’émotion est nègre, comme
le disait Senghor, de grâce, essayons de nous transcender encore une fois,
éliminons chez nous le « pitô nou lèd nou là » et chantons en chœur « tout moun
ladan l ».
Nous devons rendre la scolarisation
accessible à tous
Il nous faut une réforme judiciaire en
profondeur
La désertification est à nos portes et
c’est très grave
Autant de priorités qui doivent être
appréhendées sans délais en envisageant d’abord et avant tout l’essentiel qui
est : la création d’emplois. Les dirigeants actuels et futurs doivent
comprendre enfin que l’investissement étranger que nous attendons depuis toujours
ne viendra pas, sauf pour créer de la richesse pour un petit groupe et non pour
faire du développement durable. L’effort premier doit venir de nous, tant de l’intérieur
que de l’extérieur. Et c’est possible!
En effet, tout ce qui précède ne saurait se
réaliser si, comme d’habitude, nous nous attardons sur les accessoires en lieu
et place de l’essentiel, en l’occurrence, la priorité absolue qui reste et
demeure, pour une économie prospère, la création d’emplois sur tout le
territoire national.
Me Serge H. Moïse av.
Barreau de P-au-P.
« Chavez »
Il est parti notre cher Hugo
Sans pouvoir nous dire allô
Et sa mission sur cette terre
Rappelle celle de nos pères
II
Ennemi juré des prédateurs
Et de tous les colonisateurs
Il aurait donné même sa vie
Pour combattre l’hypocrisie
III
Disciple du cher Dessalines
Victime des balles assassines
Tu n’as pas su comme Castro
Éviter les multiples complots
IV
Tu resteras dans nos mémoires
Avec le jugement de l’histoire
Le symbole de ce grand Mapou
Qui n’avait pas plié les genoux
V
Et à l’instar de nos va-nu-pieds
Ton nom restera à jamais gravé
Dans les cœurs de ces assoiffés
De souveraineté dans la dignité
VI
Vas en paix admirable camarade
Reçois une chaleureuse accolade
De tes millions de frères d’Haïti
Sois assuré que tout n’est pas fini
SHM av.
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« Négrophobe »
Toi dont le regard indifférent
Me dit que je suis différent
Comme si tu avais horreur
Que j’oublie d’avoir peur
II
Cette intonation dans ta voix
Quand tu t’adresses à moi
Te vantant de ta particule
Te couvre de ridicule
III
Tu n’as aucun état d’âme
Hélas trop souvent infâme
Tu vas jusqu’au massacre
Pour un morceau de nacre
IV
Habillé comme un humain
Tu te révèles un vrai félin
Avide hypocrite et féroce
Ne respectant que la force
V
Je te regarde donc avec pitié
Portant bien mon haïtianité
Corolaire de mon africanité
Avec grandeur et dignité
Méprisant ta négrophobie
Qui nécessite une thérapie
VI
Tu m’as gavé de la bonne parole
Pour t’emparer de mon pétrole
Et tes agents très bien dressés
Se sont vraiment surpassés
VII
Ton long et misérable itinéraire
Avec ton sabre et ton bréviaire
En véritable suppôt de Satan
A fait couler beaucoup de sang
VIII
Je m’en voudrais de te haïr
Parce que tu me fais mourir
Même par terre selon ma foi
Je demeure plus grand que toi
SHM.
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« Ne pleure pas »
Ne pleure pas petit enfant
Du matin au soleil couchant
Ton ventre gargouille
A cause de la magouille
De ces sacrés dirigeants
Insensibles et intransigeants
II
Ne pleure pas petit enfant
Un jour tu deviendras grand
Et tu comprendras mieux
Que pour être heureux
L’amour du prochain
Entre tous les humains
Reste et demeure divin
Pour un meilleur destin
III
Enfant essuie tes larmes
Elles sonnent l’alarme
De la tristesse et du désespoir
Il te reste encore à voir
Bien d’autres déboires
A travers nos territoires
IV
Et puis viendra le temps
De ces fleurs au printemps
De la moisson dans les champs
Du retour au bonheur d’antan
Et puisque tu es devenu grand
N’oublie pas les petits enfants
Qui pleurent encore aujourd’hui
Depuis minuit jusqu’à midi
Serge H. Moïse
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« Politicards »
Depuis l’antiquité
La politique a toujours été
L’art d’embellir la cité
Les choses ont bien changé
En particulier sous les tropiques
Puisque ces luttes diaboliques
Pour la prise du pouvoir
N’ont causé que peine et désespoir
II
Notre coin s’est tellement enlaidi
Qu’il ressemble à un pays maudit
Vingt deux constitutions
Autant de malédictions
N’ayant jamais été l’expression
De la volonté de la population
III
Les codes de lois importées
Jamais modernisées
L’éducation alambiquée
D’une élite acculturée
Soucieuse de bien paraître
Incapable de reconnaître
Les lacunes et les failles
Détruisant ses entrailles
IV
Deux cents ans de dérives
De fuite vers d’autres rives
De démissions caractérisées
Des millions de rêves caressés
En attente d’être concrétisés
Résultent de notre passivité
Ainsi nous assistons hagards
Aux énoncés braillards
De ces foutus grenouillards
Que sont nos politicards
Serge H. Moïse
29-03-12
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« Mesdames »
Vous le saviez depuis longtemps
Et vous en avez mis du temps
Vous aviez sans doute raison
D’attendre votre moment
Celui de la grande communion
II
Il est temps de passer à l’action
Puisque les hommes ont échoué
Le rideau est bel et bien fermé
De grâce pas de coquetterie
Ramenez-nous à la vie
III
Nous émanons de vous
Et si nous sommes des fous
Plus ou moins récupérables
Votre amour en est responsable
Ne serait-ce qu’en partie
Qu’on se l’avoue entre amis
IV
A vous de jouer mesdames
L’heure n’est pas aux états d’âme
De côté le parler pointu
Et surtout pas de zuzu
Le temps est assez confus
Et la nation n’en peut plus
V
Ramenez-nous à la vie
Secourons la mère-patrie
Elle agonise depuis longtemps
Elle crie son mécontentement
Et sous son radieux soleil
Nous faisons la sourde oreille
VI
Tapez donc du pied mesdames
Brandissez vos oriflammes
Même s’il faut tout mordre
Vos désirs seront des ordres
De vos mamelles nourricières
Fortifiez nos ardeurs guerrières
Lancez le cri d’alarme
Afin que toutes les armes
Réagissent instantanément
A vos commandements
VI
Mesdames secouez vos jupons
Lancez donc quelques jurons
Différents de nos élucubrations
Pour que tous à l’unisson
Sous votre brillante direction
Nous rebâtissions
Notre chère nation
SHM.
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« Afflictions »
Le soleil n’a plus de chaleur
Pour ces misérables cœurs
Il brille à tout venant
Mais pas pour ces itinérants
Toujours traités en mécréants
II
Cette vie vagabonde
Leur est immonde
Et ne pouvant qu’espérer
Ils ne font que l’endurer
III
Aide-toi et le ciel t’aidera
La prière ne suffit pas
Car en dépit de la foi
Il ne faut pas rester coi
Mais réclamer des emplois
IV
Le travail dans la dignité
L’unique gage de liberté
De progrès et de prospérité
Dans toutes les sociétés
V
Qu’on nous rende fol ou sage
A moins d’être dans les nuages
Le respect scrupuleux de la loi
Et la création d’emplois
Sauf pour les farfelus
Sont les priorités absolues
VI
Ces esprits mal formatés
Comme le dit J.E. René
Perçoivent tout à l’envers
Et perpétuent notre enfer
VII
Comment parler d’éducation
Pour les filles et les garçons
Sans les mettre en condition
Pour ce pain de l’instruction
VIII
Il n’y a pas d’autres choix
Que la création d’emplois
Pour les parents de ces élèves
Qui attendent que le soleil se lève
Et toute autre théorie
Ne peut qu’épater la galerie
IX
En ce beau dimanche de Pâques
Faisons que cette misère opaque
Se dissipe peu à peu
Pour tous ces malheureux
SHM
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« Désolation »
Le grand Martin Luther King
Qui n’a rien d’un Viking
Affirme que l’indifférence
Cette terrible carence
Des gens de bien
Cause aux humains
Plus de torts et d’anxiété
Que toute la méchanceté
De l’ensemble des gredins
Armés de gourdins
II
Vouloir coûte que coûte
Vivre goûte à goûte
Une vie triste et misérable
S’avère inénarrable
Hélas il y a plein de gens
Evoluant à contre sens
Qui font ce choix navrant
Malheureux et alarmant
III
Ils cultivent une nonchalance
Qui frise l’insouciance
Refusant de prendre conscience
De leur dégénérescence
Ils parlent volontiers d’empathie
Mais n’éprouvent aucune sympathie
Pour ceux qui souffrent et meurent
Experts en simulation ils pleurent
Silencieux comme des reptiles
Des larmes de crocodiles
IV
Ils ont fui la race humaine
Pour la faune des énergumènes
Et vivent leur déshumanisation
Dans la plus triste désolation
Serge H. Moïse
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« Un de plus »
Habitué aux scandales
En cascades et spirales
Depuis si longtemps
Se choquer tellement
Pour un petit pécule
Friserait le ridicule
II
Quelques billets de vingt
En guise de pot-de-vin
Il n’y a pas de quoi
Fouetter un chat
Dans bien des cas
III
Quel que soit le montant
Ce n’est qu’un « roulement »
Echange de bons procédés
Dans tous les marchés
IV
Jouer aux vierges offensées
Pour quelques règles violées
C’est bien le sort des lois
Et cela se passe tous les mois
V
Tant que la réforme judiciaire
Demeurera un projet secondaire
Il n’y aura pas point pour la nation
Refondation ni reconstruction
Me Serge H. Moïse av.
Barreau de P-au-P.
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« Douce Perpective »
Elles symbolisent la beauté
L’amour de l’humanité
Le courage et le don de soi
La vertu et la foi
II
Hélas certaines d’entre elles
Ont si peu de cervelle
Qu’elles deviennent complices
De leurs propres sacrifices
III
Il ne faut pas se mettre en tête
Que toutes les femmes son bêtes
Elles en projettent l’image
En se prenant pour des mages
IV
Depuis la nuit des temps
Sur les cinq continents
Les femmes sont négligées
Et même discriminées
V
La bible comme le coran
Les placent au second rang
Et toujours en souffrant
Elles y ont prêté le flanc
VI
Elles se sont réveillées à temps
Elles ont le choix maintenant
Les voilà à la dernière mi-temps
Pour caresser les rêves d’antan
VII
Une toute nouvelle humanité
La fraternité et l’égalité
Entre les genres et les espèces
Une vie d’amour et de caresses
VIII
Et nous tous pauvres hommes
Ne risquons rien en somme
S’il est vrai selon Jacques Brel
Le très célèbre ménestrel
« Les hommes sont des cochons »
« Les femmes adorent ces cochons »
SHM
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« Cri dans la Nuit »
Nous devons faire vite
Le pays est en faillite
Et reconnaissons la vérité
Avec franchise et humilité
Nous les responsables
De cette situation déplorable
Devons nous prendre en main
Pour façonner notre destin
II
Nous avons tous développé
Au fil des ans passés
Une culture de bon-dieu-bon
Et comme des cabochons
Nous maintenons le guidon
Dans la mauvaise direction
III
A cause de nos tares sociales
Nous voilà de vilains bossales
Et si nous ne sommes pas fous
La relève n’appartient qu’à nous
IV
Avant que tout ne soit fini
De grâce relevons le défi
Arrêtons de faire semblant
Et soyons moins nonchalants
V
La refonte de nos lois
La création d’emplois
La santé et l’éducation
Une saine gouvernance
En toute transparence
Un environnement sain
Et ce meilleur lendemain
Est à portée de la main
SHM
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« Ce doux petit mot »
D'aussi loin que l'on remonte
Dans la nuit des temps
Bien avant la création
De la danse et de la musique
Dès les premiers balbutiements
De la conscience
L'homme inventait déjà
Le mot le plus doux au monde.
Ce tout petit mot
Simple et beau
A nul autre pareil,
Dans toutes les langues
Sous toutes les latitudes
Trop simple pour désigner
Cette merveille de la nature
Sans laquelle, l'humanité
N'existerait pas.
Sur toutes les lèvres
Répétés des millions de fois
Sans la moindre altération
Quant à sa profondeur
Sa dimension sans cesse renouvelée
Il se prononce du bout des lèvres
Pourtant, toute la tendresse
Du monde s'y trouve renfermée.
Sa résonance discrète
Et majestueuse à la fois
Egale les plus beaux poèmes
De tous les temps
Deux toutes petites syllabes
Divinement musicales
Et toutes les gammes y passent
L'inquiétude, l'angoisse
Le doute, la souffrance
Avec une grandeur d'âme
Empreinte d'altruisme
Et de noblesse
Ce mot tellement doux
Incommensurablement beau
Qu'aucune définition
Ne saurait en préciser la portée
Sollicitude, dévouement,
Don entier de soi
Mais en même temps
Bonheur allégresse et félicité
Son charme mystérieux
Caresse et ensorcelle.
Ce chant combien sacré
En deux minuscules syllabes
Brèves et laconiques
S'étire dans l'espace et le temps
Et se prolonge mélodieusement
Par delà l'éternité.
Ce tout petit mot
Qui interpelle tous les cœurs
La quintessence de l'amour
Ce doux petit mot
Qui est aussi également
Patience - générosité
Abnégation et sacrifice
Ferveur, espoir et rêve.
Ce tout petit mot
Ce mot si court
Qui en dit tellement long
Avec autant d'humilité
Que d'éloquence
Ce mot si merveilleux
Deux petites syllabes
Divinement musicales
Ce mot le plus doux
C'est simplement :
« MAMAN »
Me Serge H. Moïse av.
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« La République »
La république de Port-au-Prince
N’accommode que les princes
La condition des béotiens
Ressemble à toute fin
A celle des batraciens
II
La qualité de gens de bien
Octroie avantages et biens
Tant pis pour ceux qui pleurent
En attendant qu’ils meurent
III
Quant aux autres princes
Des villes de province
Leur aspiration idéale
Rejoindre la capitale
IV
L’on se prépare alors
Lorgnant l’aéroport
A faire le grand écart
Avant l’ultime départ
V
Cette culture d’abandon
Qui nous fait prendre l’avion
Empêche le développement
Que nous souhaitons tellement
VI
La république serait très belle
Si du haut de la tourelle
Nous tournions la manivelle
Pour que cesse la tutelle
Serge H. Moïse
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« Ne pleure pas »
« Ne pleure pas »
Ne pleure pas petit enfant
Du matin au soleil couchant
Ton ventre gargouille
A cause de la magouille
De ces sacrés dirigeants
Insensibles et intransigeants
II
Ne pleure pas petit enfant
Un jour tu deviendras grand
Et tu comprendras mieux
Que pour être heureux
L’amour du prochain
Entre tous les humains
Reste et demeure divin
Pour un meilleur destin
III
Enfant essuie tes larmes
Elles sonnent l’alarme
De la tristesse et du désespoir
Il te reste encore à voir
Bien d’autres déboires
A travers nos territoires
IV
Et puis viendra le temps
De ces fleurs au printemps
De la moisson dans les champs
Du retour au bonheur d’antan
Et puisque tu es devenu grand
N’oublie pas les petits enfants
Qui pleurent encore aujourd’hui
Depuis minuit jusqu’à midi
Serge H. Moïse
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« Mon ange »
La première fois
Que sur toi
Se posèrent mes yeux
J’ai ressenti mille feux
En moi s’allumer
Et pour un petit baiser
J’aurais vendu mon âme
Et me jeter dans les flammes
Les temps ont passé
Et rien n’a changé
Plus je te caresse
Plus grande est l’ivresse
Qui nous rapproche
Sans anicroche
Et qui me rend fou de toi
Ton bonheur est ma loi
Tu es l’unique femme
Qui a su bercer mon âme
Tu n’arrives pas à le croire
Et si ce n’est une échappatoire
Je te le dis avec mon cœur
Toi seule fait mon bonheur
Crois-moi je t’en supplie
Je t’aimerai toute ma vie
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« Défaitisme »
Ils sont nombreux ces hurluberlus
Larbins et ventres vermoulus
A clamer sur un ton pointu
Que le pays est foutu
Ils ignorent d’où ils viennent
Quoiqu’il advienne
Ils s’improvisent estafettes
Prennent la poudre d’escampette
Réagissant par la bande
Toujours en quête de prébendes
Au lieu de simplement se taire
Ils répètent qu’il n’y a rien à faire
Leurs ondes négatives
Et certainement nocives
Font d’eux les pires ennemis
De notre malheureuse patrie
Les mettre hors d’état de nuire
Pour que le soleil puisse luire
Et réveiller notre conscience
En pleine somnolence
Ce que la nation attend de nous
C’est d’écarter ces ventres mous
Fuyons les affres de la déchéance
Le défaitisme – c’est l’indécence
A combattre par tous les moyens
Afin d’aspirer à un meilleur lendemain
SHM
13-02-12
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« FEMME »
Matrice de l’humanité tout entière
Source de vie la première
Symbole de grandeur d’âme sur terre
De vertu et de cette beauté altière
Discrète mais tenace et téméraire
Jusqu’au sacrifice pour faire
Son bonheur et celui des siens
Brave et nourrissant en son sein
L’espoir des jours meilleurs
Où s’épanouissent les fleurs
Digne et plus souvent héroïque
Créature divine authentique
Au salut du genre humain
Aujourd’hui ou demain
Nettement indispensable
Pourtant que de grains de sable
N’as-tu eu à endurer
Afin de pérenniser
Depuis les temps anciens
Cette humanité en déclin
Trop souvent maltraitée
Pendant toutes ces années
Tu as tenu le coup
Jusqu’au bout
Car détentrice de la vérité
Tu le savais fort bien
Que n’étant pas très malins
Nous ne pouvions aller bien loin
Sans le support de tes bons soins
De tes entrailles bénies
Tu as donné la vie
A des princes et des rois
Ils ont institué leurs lois
Lesquelles sans pitié
Ne t-ont point ménagée
Pourtant pour ton bébé
Qui n’est pas encore né
Sans prendre avis
Tu sacrifies ta vie
Tu as atrocement souffert
De notre arrogance d’enfer
De nos multiples ingratitudes
Et de toutes nos turpitudes
Avec une patience d’ange
Loin des ténèbres et de la fange
Tu as guidé nos pas
Toujours avec un bon repas
Succulent et délicieux
Vers la cime des cieux
En temps de paix ou de guerre
Sur le terrain ou la civière
Ton radieux sourire
Arrive à nous traduire
Sans trop de bavardage
Le sens du véritable courage
Tu détiens ce grand pouvoir
Et sans le faire savoir
Tu as façonné le monde
De manière plutôt féconde
L’homme dans sa faiblesse
A voulu te tenir en laisse
Mais réalise petit à petit
Que sans toi il est tout petit
Durant toute notre enfance
Notre pleine et entière confiance
Résidait en toi havre de paix
Et de tendresse à tout jamais
L’ultime récompense d’un enfant
Sera toujours le baiser de maman
Les poètes ont invoqué ta grandeur
Ils ont chanté ta beauté
Et célébré ta splendeur
Modeste dans ta magnificence
Tu seras toujours la référence
Et la source de notre bonheur
Nous le savons maintenant enfin
Et puisque ce n’est pas encor la fin
Caressant avec amour cette image
Nous te rendons hommage
En toute humilité
Toi la reine de toute l’humanité
Me Serge H. Moïse av.
Barreau de P-au-P.
11-02-12
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« Déchirure »
Mon cœur se déchire
A ne pouvoir lire
Que des vilénies
Au sujet de mon pays
Mon cœur se déchire
Quand je me mire
A l’orée de l’eau
Mal dans ma peau
Mon cœur se déchire
A ne plus pouvoir écrire
Sous le soleil qui brille
La perle des Antilles
Mon cœur se déchire
A voir tout le monde rire
Alors que mes frères souffrent
Engloutis dans ce gouffre
Mon cœur se déchire
Nous frisons tous le pire
Et nous ne faisons rien
Pour apporter un peu de bien
Mon cœur se déchire
Ceux-là qui veulent nous nuire
Nous savent sans repère
Et ne sachant quoi faire
Mon cœur se déchire
Nous ne savons que dire
Mais ne voulons rien faire
C’est ça la triste affaire
Mon cœur se déchire
Ils savent bien médire
Calomnier et maudire
Mais ne rien produire
Mon cœur est déchiré
Devant tant de médiocrité
Et ce qui l’a enfin tué
C’est notre mentalité
25-02-12
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« MISERE »
Nous sommes des millions
A nous comporter en couillons
De l’indépendance à nos jours
Nos gouvernements tour à tour
Nous enfoncent dans la fange
Sans que cela nous dérange
Nous inventons des théories
A partir des pires arguties
Pour justifier notre indolence
Et notre indifférence
Deux siècles de gabegie
Une véritable orgie
Célébrant la lâcheté
En toute iniquité
Champions du verbiage
Experts en tripotage
Nous voilà bien endigués
Dans notre médiocrité
Notre propre mal
Certainement fatal
« C’est exclusivement Nous »
Ils ne sont pas ailleurs les poux
Mais bien dans nos têtes
Qui ne pensent qu’à la fête
Nous récoltons les fruits
Hélas combien maudits
De notre indifférence
Et de nos inconséquences
Serge H. Moïse
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« Boniments »
Il n’y a pas plus réactionnaire
Que le larbin intermédiaire
Qui se proclame révolutionnaire
Et qui n’est au fond qu’un primaire
Individualiste à outrance
Egoïste dans toute sa mouvance
Et véritable laquais
Il ne s’implique jamais
Toujours à raconter sa jeunesse
Et ses innombrables prouesses
Avant de prendre la fuite
Sans laisser de suite
Gueulard par excellence
Qui n’a aucune conscience
Ni sentiment d’appartenance
A sa classe sociale - sa référence
Il est mal à l’aise dans sa peau
Pas mieux à d’autre niveau
Comme une loque humaine
Il déambule à travers la plaine
Sans but ni objectif
Et en butte à tous les récifs
Il se raconte ses propres histoires
A titre d’échappatoires
Son temps à la minute compté
A l’en croire il est très occupé
Il ne fait rien en outre
Puisqu’il n’a rien à foutre
A bluffer à la ronde
Il espère rouler tout le monde
Il n’impressionne plus les gueux
Se retrouve bien malheureux
Et comme tout réactionnaire
Affreusement solitaire
SHM
14-02-12
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« Délivrance »
Si nous étions des chenilles
Il y aurait dans nos familles
Beaucoup moins de zizanie
Et un peu plus d’harmonie
Si nous étions des anolis
Nous ferions pipi
Sur les pissenlits
Et pas trop de chichi
Si nous étions des lézards
Nous resterions à tous égards
Fidèles à la tradition
De vivre dans l’union
Si nous étions des pintades
Vigilants aux escapades
Nous monterions la garde
Et ne rien négliger par mégarde
Si nous étions des oiseaux
Nous chanterions ô ciseaux
Nous couperions les couilles
De toutes ces andouilles
Mais puisque
Nous sommes des perroquets
Des occupants - les laquais
Nous parlons haut et fort
Subissant notre sort
Puisque
Nous bombons nos torses
A multiplier les entorses
Nous devenons la risée
Des nations civilisées
Puisque
Nous demeurons des hâbleurs
Au verbe plutôt railleur
Nous sommes aussi fringants
Que le chaînon manquant
Puisque
Nous pratiquons la fausseté
Comme une nécessité
Et l’hypocrisie
Comme moyen de survie
Puisque
Nous sommes des roublards
Et certainement des fuyards
Nous avons préféré l’errance
A la lutte pour l’indépendance
Et puisque
La délivrance approche
Il n’y aura plus de poche
Mais des citoyens honnêtes
Qui sauront relever leurs têtes
SHM
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La Traite Négrière
La Traite Négrière
L’esclavage cinq cents ans après
Cela semble si loin et si près
Les séquelles de ce génocide
Expression morbide
De la cruauté humaine
Incrustées de manière certaine
Dans la mémoire collective
Interpellent toutes les consciences
Le fauve dans la jungle sauvage
Ne s’est pas ravalé avec tant de rage
A commettre ces odieux crimes
Contre d’innocentes victimes
Ils étaient des millions d’âmes
Que dis-je, des êtres infâmes
Nés simplement pour la servitude
Le cardinal l’a dit avec certitude
Dieu est vraiment trop bon
Un corps noir comme du charbon
Ne saurait avoir une âme
C’eut été un drame
Ce mot une fois lâché
Avec solennité
Le destin du Nègre enchainé
Était d’ores et déjà tracé
Il sera pourchassé
Traqué et persécuté
Vendu et maltraité
A tous les marchés
Les femmes constamment violées
En hommage à leur sensualité
Et leur étonnante beauté
Faisaient le bonheur de ces colons
Se comportant comme des cochons
Privés de leur statut d’homme
Assimilés à des bêtes de somme
Les esclaves ont sué sang et eau
Cédant au besoin leur peau
Pour bien paraître
Aux yeux du maître
Les temps ont changé aujourd’hui
Dira-t-on avec pudibonderie
Grâce aux petits nègres-de-service
Il y a moins de sévices
La nuit des ténèbres
Les humanoïdes sans vertèbre
Semblent disparaître
Pour ne plus renaître
Serait-ce pour les agneaux
Enfin libérés de ses poteaux
Le début des temps nouveaux
Dépouillés de leurs oripeaux
L’humanité se relève lentement
Pour contempler le firmament
Caïn et Abel ni noir ni blanc
Tournons la page et en avant
Il y a encore beaucoup à faire
A quand sur une base volontaire
Des réparations forfaitaires
Pour cette fraternité à refaire
Combattons l’indifférence
Source première de notre déchéance
Cultivons l’amour du prochain
Pour un meilleur lendemain
Que les frères-ennemis d’hier
Qui ne sont plus aussi fiers
Se recueillent en toute humilité
Afin de cultiver enfin la solidarité
Serge H. Moïse
05-02-12
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