mardi 14 février 2012

L’hommage du vice à la vertu: Cuba et les Etats-Unis discutent sur le système de santé haïtien


 

Les Nation Unies. le 31 mars 

le chancellier cubain, Bruno Rodríguez, s’est réuni
aujourd’hui avec Cherry Mills, chargée de Haïti dans le
Département d’Etat nord américain pour traiter de la
reconstruction du système de santé haïtien. Cette
concertation indispensable et dont on ne peut que se
réjouir est néanmoins l’hommage du vice à la vertu.
Comme le signalait Fidel Castro dans ses dernières
réflexions, la petite île soumise au blocus injuste non
seulement a un système de santé sans équivalent dans
les richissimes Etats-Unis mais elle l’utilise pour
soulager la misère des autres peuples. Et face à
l’immonde campagne médiatique concotée par la CIA et
certaines forces politiques Européennes(1), les faits sont
là: sur le terrain, les Etats-Unis sont obligés de
demander au petit Cuba comment aider Haïti pour construire
un système de santé.
 La réunion a eu lieu au siège des Nations unies
dans le cadre de la Conférence Internationale des Donateurs
pour la Reconstruction de Haïti, qui avait lieu ce
mercredi, selon une note de presse de la délégation
cubaine.
La rencontre s’est centrée sur la reconstruction du
système de santé en Haïti, a précisé le texte.
On se souvient que quelques actions de coopération ont
déjà eu lieu entre Cuba et les États-Unis lorqu’il a
s’agi de faire face avec diligence à la situation urgente
provoquée par le tremblement de terre qui  a secoué
au territoire haïtien le 12 février passé.

Le ministre cubain a annoncé aujourd’hui lors de la
réunion internationale l’engagement de Cuba d’apporter
une coopération importante pour reconstruire et pour
renforcer le système de santé de Haïti et pour prêter
des services médicaux équivalents à 690 millions de
dollars.

La coopération cubaine avec Haïti date de 1998 et plus de
400 médecins étaient présents à Cuba au moment du
tremblement de terre, ils ont été alors dans la capacité
immédiate de prêter secours,  signale la note.Il
faudrait ajouter que non seulement ils se sont mis à
secourir, mais ils ont tout aussi rapidement organisé les
autres équipes médicales qui arrivaient sans connaître
les lieux. Parmi eux des espagnols, mais aussi d’autres
pays d’Amérique latine et quelques étasuniens, tous ont
accepté de coopérer pour sauver des vies. Aujourd’hui,
le personnel de santé amené et dirigé par Cuba tourne
autour de 1700 et inclut 783 médecins cubains, 481
haïtiens et 387 d’autres pays, tous formés à Cuba et
qui ont répondu présent à l’appel de ce pays et ils
travaillent sur tout le territoire haïtien.

Cuba a proposé, en étroite coordination avec le
gouvernement de haïti et avec l’appui de certains pays,
entre autres le Venezuela et le Brésil, un programme
intégral de reconstruction et de renforcement du système
de santé haïtien. Cuba agit également dans le cadre de
l’Alba en concrétisant l’aide apportée par les pays
qui appartiennent à la dite Alba. C’est ce rôle que les
Etats-Unis sont obligés de reconnaitre.

Le projet global qui est en train de se dessiner sur le
terrain prévoit une participation importants cubaine
dans  la prestation des services et la formation de
personnel et prévoit la participation d’autres donateurs
pour le rendre plus effectif et d’une plus grande portée,
termine le communiqué.

Il faudrait également signaler dans le même ordre
d’idée un événement dont les médias ont peu parlé,
c’est le fait que lechef d’Etat ukrainien Viktor
Yanoukovitch a décoré le commandant en chef Fidel Castro
et le président Raul Castro, pour l’aide apportée aux
enfants victimes de l’accident nucléaire de Tchernobyl, a
informé la présidence ukrainienne. Le ministre cubain de
la Santé publique, José Ramon Balaguer Cabrera, a été
également décoré. Environ 23 000 enfants ont été
soignés à l’hôpital cubain de Tarara (plage de l’est)
des séquelles de l’accident nucléaire le plus grave de
l’histoire, survenu en 1986 dans l’usine nucléaire de
Tchernobyl, rappelle le communiqué. Le président a
exprimé ainsi sa profonde reconnaissance aux autorités
cubaines pour cette «aide immense» offerte à l’Ukraine
pour faire face aux conséquences de la catastrophe
nucléaire.• Comme nous l’avions raconté dans
« Cuba est une île », ce geste méconnu était
d’autant plus remarquable que après la chute de l’URSS,
Cuba n’avait rien à manger, vivait une situation
desespérée. Le contexte politique était tout aussi dur et
l’UKraine participait à une immonde campagne médiatique
contre Cuba. La docteresse qui gérait le centre où les
enfants étaient recueillis sur la plage de l’est,
s’inquiétait de comment nourrir ces enfants qui
paraissaient abandonnés dans le maëleström de la chute de
l’ex-Union soviétique et les contre-révolutions, quand
il lui a été fait remarquer que l’Ukraine se conduisait
si mal avec Cuba qu’il n’y avait aucune raison de
l’aider, la docteresse indignée a répondu : » les
enfants n’y sont pour rien! »

Ca c’est Cuba, le même Cuba prêt à collaborer avec les
Etats-Unis qui poursuivent leur politique immonde pour
sauver des haïtiens. Une leçon d’humanité, un grand pas
de celle-ci vers un autre monde.

Danielle Bleitrach

(1) Un autre événement que nos médias auront tu est le
fait que les familles de deux hommes morts en 2006 à
Guantanamo dans des circonstances présentées par
l’armée US comme des suicides ont demandé à la justice
de reconsidérer leur plainte à la lumière de nouveaux
témoignages de militaires en poste dans la prison le soir
du drame.Dans leur requête devant le tribunal fédéral de
Washington,  les familles affirment que «des faits
exceptionnels et troublants» ont été découverts sur les
morts de leurs fils, le Saoudien Yasser Al-Zahrani et le
Yéménite Salah Al-Salami, respectivement âgés de 22 et
33 ans quand ils sont morts. Leur demande s’appuie sur les
déclarations de quatre militaires, dont un gradé, Joe
Hickman, qui était de garde sur un mirador du camp où se
trouvaient les cellules des deux hommes la nuit du 9 au 10
juin 2006.Joe Hickman raconte avoir vu trois hommes être
transférés de leur cellule vers un autre camp, et ensuite
un fourgon revenir et décharger quelque chose à
l’infirmerie. Alors que trois minutes plus tard le camp
était en pleine effervescence, Joe Hickman a demandé des
détails à un des infirmiers. Celui-ci lui a répondu,
selon lui, que «trois prisonniers avaient été amenés à
l’infirmerie, morts étouffés parce qu’ils avaient des
chiffons enfoncés dans la gorge». L’un d’entre eux
portait des marques de coups.


Qui fera
mieux?

http://europa.cubaminrex.cu/DiscursosIntervenciones/Articulos/Bruno/2010/2010-03-31_FR.html
 
DÉCLARATION DU MINISTRE DES
AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA, BRUNO
RODRÍGUEZ PARRILLA, DANS LA CONFÉRENCE DES BAILLEURS DE
FONDS EN FAVEUR D’HAÏTI TENUE À NEW YORK LE 31 MARS
2010. 

Monsieur le Président,

La communauté internationale a une énorme dette envers
Haïti, pays dans lequel après trois siècles de
colonialisme a eu lieu la première révolution sociale du
continent américain, audace que les puissances coloniales
lui ont fait payer avec environ 200 ans de tyrannies
militaires et de pillage. Sa population noble et
travailleuse est aujourd’hui, la plus pauvre de
l’hémisphère occidental. 

Nous avons tous l’obligation morale d’apporter à
Haïti des ressources financières supplémentaires ainsi
qu’une coopération plus importante, non seulement pour sa
reconstruction mais surtout pour son développement. 

Pour avoir une idée de l’ampleur de la tragédie humaine
connue par Haïti, il suffirait de souligner que la mort de
230 mille personnes dans ce petit pays densément
peuplé équivaut à la mort de plus de 30 millions
de personnes dans un pays comme la Chine, dont la population
s’élève à 1 milliard 300 millions habitants, une
tragédie inimaginable.

Après ce tremblement de terre dévastateur qui a secoué
la conscience de l’humanité, nous espérons que les
nombreuses promesses faites deviendront des faits ; que
l’indépendance et la souveraineté d’Haïti seront
respectées et exaltées ; que l’exercice de toutes
ses facultés sera rendu plus facile au gouvernement du
Président René Préval et du Premier Ministre Jean Max
Bellerive et que les bénéfices seront non pas pour les
banques et les compagnies étrangères mais pour le peuple
haïtien, notamment pour les plus pauvres.  

La générosité et la volonté politique sont
nécessaires. Il est essentiel l’unité de ce pays et non
pas des projets d’une charité douteuse ou sa division en
parts de marché. 

Le Programme de redressement et renforcement du système
national de santé en Haïti conçu par le gouvernement
haïtien avec celui de Cuba, comptant sur la coopération de
la République bolivarienne du Venezuela ainsi que celle
d’autres pays et organismes humanitaires assurera une
large couverture en matière de santé à la population, en
particulier au secteur à faibles revenus.  

Ce programme repose sur  des centres de santé de
soins primaires qui sont en création dans lesquels suivant
des calculs 2 millions 800 mille patients seraient soignés
annuellement, 1 million 300 mille urgences médicales
seraient accueillies, 168 mille accouchements seraient
assistés et  3 millions de vaccins seraient
administrés. 

A ces centres de santé sont ajoutés les services de 30
hôpitaux communautaires de référence distribués dans le
pays et équipés de technologie de pointe pour les soins
secondaires. Ils permettront d’accueillir 2 millions 154
mille patients chaque année, de gérer 1 million
d’urgences, de réaliser 54 mille chirurgies, 276 mille
électrocardiogrammes, 144 mille ultrasons de diagnostique,
43 mille endoscopies, 181 mille radiographies, 107 mille
consultations de stomatologie et 487 mille examens de
laboratoire. 

Tenant compte du nombre extraordinaire de polytraumatisés,
30 salles de rééducation sont également mises en place.
Dans celles-ci seront soignés, en douze mois, 520 mille
patients et 2 millions 396 mille autres bénéficieront de
thérapies. 
Il y aura également 3 centres d’électro-médecine, un
laboratoire de prothèses orthopédiques et un programme
intégré d’hygiène et épidémiologie.  

De la même manière il a été prévu en Haïti la
création d’un hôpital national de spécialités de
niveau tertiaire pour lequel nous espérons compter sur la
coopération d’autres pays. 80 spécialistes cubains de
haut niveau travailleront dans ces installations. Ils
prendront en charge les services, les départements
médicaux, la recherche, ainsi que l’enseignement des
professionnels haïtiens qui y seront formés, lesquels
remplaceront progressivement les professeurs cubains. 

Le prix des services décrits ci-dessus s’élève, en
quatre ans, à 690 millions 540 mille 739 dollars
états-uniens. Ceci comprend la valeur des services
médicaux offerts, calculés à la moitié des prix
internationaux, la durabilité de ces services, le personnel
qui les offrira et l’apport pour la formation d’autres
312 médecins haïtiens à Cuba. 
     
Il peut donc en être déduit que le coût approximatif est
de 170 millions de dollars par an pour un pays d’environ 9
millions 332 mille habitants. 

Il est possible d’y arriver, ainsi le démontre notre
expérience pratique. En fait, ce programme est déjà en
cours. Depuis le séisme sont en fonctionnement 23 de ces
centres de santé de soins primaires, 15 hôpitaux
communautaires de référence et 21 salles de
rééducation.  

Quelques instants à peine après la catastrophe, les
spécialistes cubains se sont mis à soigner la population
sinistrée. Jusqu’à présent environ 260 mille
consultations ont été réalisées, plus de 7000
chirurgies, environ 1400 accouchements ont été assistés
et presque 100 mille vaccins ont été administrés. Plus de
50 mille patients ont été accueillis en rééducation et
plus de 75 mille enfants dans des consultations de thérapie
psychologique et sociale avec la participation de
quelques-uns des professionnels cubains les plus reconnus. 

Dans le programme travaillent déjà 783 médecins cubains,
481 haïtiens et 278 de 28 autres pays, tous diplômés à
Cuba.
Samedi dernier, faisant partie du programme décrit
auparavant, a été signé à Port-au-Prince une
Déclaration d’Intention pour le renforcement du système
et des services publiques de santé et de surveillance
épidémiologique, cela grâce à la volonté du
gouvernement haïtien et à l’importante contribution du
Président Lula et du Brésil, qui sera décisive pour le
programme conçu.

Pendant les onze ans de travail préalable, la brigade
médicale cubaine, présente sur 127 des 137 communes
haïtiennes, a 
sauvé 233 mille 442 vies humaines, a réalisé 14 millions
de consultations, 225 mille chirurgies et 109 mille
accouchements. Elle a rendu ou amélioré la vision de 46
mille haïtiens dans le cadre du programme de
« l’Opération miracle ». Dans cette période,
165 mille haïtiens ont été alphabétisé en créole.

Si nous estimons les services médicaux offerts pendant ces
années et la formation du personnel médical à Cuba, cela
représente environ 400 millions de dollars dans cette
période.  
Le programme médical que nous proposons, dans son
ensemble, bénéficiera 75% de la population la plus
défavorisée du pays et celle qui en a le plus besoin avec
un minimum de dépenses.

Nous invitons tous les Gouvernements, sans exception, à
contribuer à ce noble effort. Nous accordons une importante
particulière à cette conférence, que nous espérons sera
couronnée de succès.

Je vous remercie.

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